Belle, la lune est si calme :

Pris aux lèvres des naïades

Le soir dort dans les roseaux

Et pas même un oiseau

Ne se lève

Vois languir au long des grèves

L'eau qui rêve

Les noirs marronniers soupirent où palpite

L'or des étoiles limpides

Les cascades murmurantes

Les vagules chuchoteuses, sous les yeuses

Vers la lune se lamentent

Entеntds cette voix charmante :

L'еau qui chante

Viens, je sais le val des fraises, je te tresse

Un lien de marjolaine... tu te détournes, tu muses

Aux bouquets blancs des sureaux ?

Je détache ta ceinture

Et je cueille ton sanglot

L'eau lascive au loin s'argente

L'eau qui rêve, l'eau qui chante

L'eau qui fuit sous les roseaux