[Paroles de "Blanche" ft. Booba]
[Intro : tags]
[Couplet 1 : Maes]
Très loin d’être parfait mais t’inquiète pas, ça ira
Au ciel, on va aller, j'vais laisser mes biens en bas
Toutes mes années d’galère où j’me disais "ça ira"
Fais un pas de travers, une bécane, tu t’en iras
J’v'-esqui le parquet, c’est soit Bercy soit du ferme
J’suis dans le carré, loin d’Bois-d’Arcy, j’ai mon fer
J’barode dans la ville, sept cents chevaux : Ferrari
Tu connais l’tarif, fais pas l’grossiste pour un kil'
J’bicrave à pas d’heure, j’vends la moula dans le bendo
Douze heures à douze heures, j’fais partir trois kilos d’aya
Ta go' veut un marmot, moi, j’voulais juste la ken
Te-shi m'rend paro, j’me rappelle plus d’la veille
[Refrain : Maes & Booba ]
J'visser la night, elle va s'en remettre, si tu savais
Blanche ou caramel, j'ai son remède
J'visser la night, elle va s'en remettre, si tu savais
Blanche ou caramel, j'ai son remède
Nous restâmes sur le bateau, jamais il ne chavira
Je devais voir Anne-So', au final, j’ai vu Samira
Passe-moi à travers, jamais tu n’me graviras
Tu n’as pas de valeur, jamais on n’se ralliera
[Couplet 2 : Booba]
Je n’connais pas le banc à part celui de la G.A.V
Drapeau est noir et blanc, je reste devant, je préfère être à l’attaque
Si j'n’ai plus d’limite, je m’arrête où ? J’pends mon linge sale devant personne, je rachète tout
Je ne demande qu’à t’aimer, te montrer mon Makélélé
Le Versace, le D&G, elle est trop bonne, wallaye, c'est B
Je vais l’emmener à l’étranger, peut-être sur place, j’vais l’échanger
Faire le hlel ou l’étrangler, j’suis qu’en léger, que la CB
J’drague à la Momo Henni, beaucoup de cash, je la séduis
On m'tire dessus, j’entends des bruits, même en réserve, je la détruis
J’viens du 9.2, la quality, tu connais d’jà l’état d’esprit
Elle m'a d'mandé combien ça coûte comme si j’avais regardé l’prix
[Refrain : Maes & Booba ]
J'visser la night, elle va s'en remettre, si tu savais
Blanche ou caramel, j'ai son remède
J'visser la night, elle va s'en remettre, si tu savais
Blanche ou caramel, j'ai son remède
Nous restâmes sur le bateau, jamais il ne chavira
Je devais voir Anne-So', au final, j’ai vu Samira
Passe-moi à travers, jamais tu n’me graviras
Tu n’as pas de valeur, jamais on n’se ralliera
[Outro : Maes]
Oh, oh, oh
Oh, oh, oh
Oh, oh, oh
Oh, oh, oh
Elle va s’en remettre, si tu savais
Blanche ou caramel, j'ai son remède
Elle va s’en remettre, si tu savais
La formulation douze heures à douze heures fait directement appel à la phrase précédente dans laquelle Maes dit j'bicrave à pas d'heure.
Cette punchline doit en réalité être interprétée à l'envers.
L'aya, dont Maes fait référence, est une variété de résine de cannabis produite en Afrique du Nord et réputée de bonne qualité.
Il explique ainsi en vendre 3 kilos dans un laps de temps de 24h (douze heures à douze heures).
Dans cette phrase Maes explique que tus es humains finissent par mourir en laissant tout ce qu'ils ont obtenu dans leur vie sur Terre et qu'ils faut donc en profiter le plus possible durant la vie.
Maes, grand initié au trafic de drogue, ne veut pas se faire prendre pour un imbécile.
Dans cette punchline évocatrice, il dénonce les personnes négociant au maximum le prix d'achat tout en connaissant la valeur réelle de la marchandise.
Ainsi, Maes se moque allègrement des clients croyant acheter en “gros” alors que la quantité (ici un kilo) est ridicule à ses yeux.
Baroder est un terme d'origine arabe [البرود] décrivant une discipline artistique maghrébine populaire mettant en scène des simulations d'assault militaire sur des chevaux (voir fr.wikipedia.org/wiki/Fantasia_(cavalerie)). Ainsi ici, Maes use du terme baroder, pour décrire le fait qu'il conduit une Ferrari, qu'il décrit comme une “sept cents chevaux”.
On peut supposer que Booba fait référence au clash avec Damso ou de manière générale à ses autres clashs. En effet, ce dernier avait déclaré en story Instagram, suite à la polémique sur sa critique des maisons de disque dans le titre “Tricheur”, issu de l'album Les étoiles vagabondes de Nekfeu :
Ce n'est pas parce que le contrat est fini que mes principes vont s'en aller.

De plus, dans le morceau “Rêves bizarres” d'Orelsan où le belge est présent, ce dernier ajoute :
Jamais nous n’r'signerons sauf si ça parle en millions (jamais, jamais)
De cette manière, Booba réplique et annonce qu'un ralliement n'aura aucune chance de se faire avec quiconque l'aura trahi dans le passé.
Avec “Drapeau est noir et blanc”, il fait référence aux pavillons pirates et corsaires, qui sont les pavillons utilisés par ces derniers pour signifier leur intentions et intimider les navires attaqués. Ils sont parfois absents, de couleurs variables (noir ou rouge le plus souvent) et avec des représentations très différentes.
Dans l'imaginaire populaire et l’imagerie traditionnelle, les pavillons pirates et corsaires sont des pavillons noirs ornés d’une tête de mort surmontant deux fémurs ou deux sabres entrecroisés. Ce pavillon représenterait des symboles choisis par les pirates et les corsaires pour faire passer un message sans équivoque.

Booba ne recule devant rien, il ne se met pas en position de défense. Il va au front et se déclare prêt à attaquer comme un pirate qui va à l'abordage.
Booba fait écho au joueur de football français Claude Makélélé, ayant évolué au poste de milieu défensif entre 1978 et 2011.

Ce dernier avait fait fait l'objet d'une folle anecdote datant de 1994, lorsqu'il faisait partie du FC Nantes. En effet, en sortant de la douche après un entraînement, il croise l'entraîneur Jean-Claude Suaudeau qui en découvrant l'appareil génital du français, se fend d'une remarque égrillarde :
Vous avez vu la queue qu'il a, Claude ? Il doit faire du bien à sa copine.
Ainsi, par cette comparaison, B2o rentre dans l'ego-trip ; en effet, même si sa proposition envers la femme en question, commence avec délicatesse, il termine par se vanter vis-à-vis du fait qu'il est bien monté.
Booba explique qu'il sera toujours présent peu importe les situations qui lui font face, et qu'il ne sera jamais mis à l'écart par son entourage.
Afin d'appuyer ses propos, le D.U.C met en comparaison le banc de touche du football au banc de la garde à vue faisant écho à ses erreurs de parcours. De cette manière, il affirme que le seul banc qu'il a connu dans toute sa vie était celui de ses méfaits et qu'il n'en connaîtra jamais d'autres types.
On peut d'ailleurs voir une référence à son titre “N°10” paru en 2004 sur son album Panthéon, dans lequel il affirmait son statut de meneur et de titulaire par le biais du numéro 10 porté par de grands joueurs de football :
Si t'es pas N°10 à Paname, t'es la banane du siècle
Là où j'opère, nombreuses seront les victimes
Que des N°10 dans ma team
Booba se targue régulièrement de son train de vie luxueux que ce soit dans ses chansons ou sur les réseaux sociaux.
Ici, une fois de plus, Kopp fait mouche avec une punchline laissant sous-entendre de sa bonne santé financière.
La demoiselle accompagnant Booba le questionne sur le prix d'un article, celui-ci l'ignore visiblement.
En effet, il stipule ne pas regarder le prix car ce n'est pas un facteur d'achat important pour lui.
Maes parle de sa consommation excessive de cannabis qui a tendance à le rendre paranoïaque.
Il explique également avoir des trous de mémoire causés par la drogue, évoquant ne plus se rappeler de la veille.
Maes fait référence au séjour de 18 mois à la maison d'arrêt de Villepinte qu'il a effectué en 2016 après s'être fait contrôler par la police alors qu'il transportait deux kilos de cocaïne. Ce méfait était notamment paru dans un article du quotidien Le Parisien.
Cependant, l'artiste n'a jamais été condamné suite à cette affaire comme il l'expliquait d'ailleurs dans le titre “Mama” issu de son album Pure paru en 2018 :
J'tourne en mandat d'dépôt, j'attends le jour de ma peine, dix-huit mois, toujours pas condamné
Ainsi, le Sevranais explique qu'il avait deux chemins qui s'ouvraient à lui suite à sa libération. Soit ce dernier poursuivait ses mésaventures liées au trafic de stupéfiants, soit il se lançait définitivement dans le monde de la musique avec l'espoir de remplir le Bercy, l'une de plus grandes salles de concert en France.
Par ailleurs, dans son titre “T Max 530” issu de sa mixtape Réelle vie 2.0 paru quelques mois plus tôt avant Pure, l'artiste évoquait sa réussite dans l'industrie musicale même si à ce stade de sa carrière, il ne pouvait pas encore remplir la salle désormais appelée “AccorHotels Arena” à la sortie de l'album Les Derniers Salopards :
J'suis écouté d'Lille à Marseille
Mais Les Derniers Salops ne sont pas à Bercy
Cette phrase laisse penser que Booba parle de Damso et non de Anne-So, au vu de la phrase suivante “Tu n’as pas de valeur, jamais on n’se ralliera”
La phrase « Nous restâmes sur le bateau, jamais il ne chavira » pourrait très bien être une punchline de Booba, tant par son style épique que par sa forme solennelle.
Interprétation possible :
C’est une métaphore de loyauté, résilience et fidélité dans l’adversité :
- « Nous restâmes sur le bateau » : on est restés unis, solidaires, malgré les tempêtes.
- « Jamais il ne chavira » : notre équipe, notre empire ou notre parcours n’a jamais sombré.
Booba aime ce genre d’images : la mer, le bateau, les tempêtes — souvent symboles de la vie, du business ou de la rue — et rester debout malgré tout.
C’est élégant, puissant, presque biblique.
Maes entame son couplet avec une phrase riche de sens. La litote “très loin d'être parfait” lui permet de souligner à quel point son comportement prend des tournures violentes et patibulaires : bagarres, trafic de substances illicites et d'armes…
Cependant, le rappeur, ayant accédé à une certaine notoriété depuis le succès de Billet vert en 2018, met à l'oeuvre sa sagesse et son ataraxie stoïcienne pour rassurer sa muse, avec la tournure adversative : “mais t'inquiète pas, ça ira”.
Le futur, à valeur prospective ici, traduit le positivisme du jeune rappeur, qui n'est pas sans rappeler la philosophie optimiste de Wolff et Leibniz.
Maes repense aux années passées durant lesquelles sa famille a vécu dans la pauvreté, mais aussi à ses problèmes liés à la rue tel que son passage à la maison d'arrêt de Villepinte en 2016, suite à une affaire de trafic de stupéfiants.
Durant ces difficultés, l'artiste n'a donc pas lâché l'affaire et s'est efforcé de travailler sa musique en espérant atteindre le succès un jour.
Ainsi, au moment où il écrit ces lignes, il peut enfin se dire que c'est chose faite. En effet, son premier album Pure a été certifié disque de platine en juillet 2019 — ce qui correspond à 100 000 équivalents ventes —, et plusieurs de ses titres tels que “Avenue Montaigne” et “Billets verts” ont eux aussi été certifiés par le SNEP.
“Unprediktable” est le name-tag du producteur français éponyme Unprediktable. Le morceau “Mama” marque la première collaboration entre ce dernier et son frère Gérald avec les rappeurs Booba et Maes.
De plus, il a travaillé avec des artistes comme Dosseh, Denza, Thabiti ou encore SDM.
Vous pouvez retrouver son liner ainsi que ceux des autres producteurs ayant travaillé dans l'industrie du rap francophone, en vous rendant ici.
Booba nous fais comprendre que grace au 92i il est tellement riche qu'il peut se permettre de faire toutes les folies de mecs riche. Il met en évidence son raisonnnement et ne porte ses vetements qu'une seule fois pour montrer qu'il est capable de se procurer des vêtements de luxe tout le temps
Ici Booba prend l’image d’une montagne infranchissable, elle serait tellement imposante que le seul moyen serait de la traverser car il est impossible de passer outre
La blanche se réfère à la cocaïne que vendent en masse Booba et Maes. Tandis que le caramel est l'image du shit. Ces deux substances illicites seraient les seuls remèdes pour que la copine de Maes puisse s'en remettre. Or je ne pense pas, car la drogue, rappelons-le, ce n'est pas bien.
“Denza” est le name-tag du producteur français éponyme Denza. Le morceau “Blanche” marque la seconde collaboration entre ce dernier et les rappeurs Maes et Booba puisqu'il était également à l'origine de l'instrumentale du morceau [“Madrina”] paru un an plus tôt, avec Unfazzed.
Hormis le Sevranais et l'Altoséquanais, le compositeur a travaillé avec des artistes comme Naza, Bolémvn, Niska ou encore Médine.
Vous pouvez retrouver son liner ainsi que ceux des autres producteurs ayant travaillé dans l'industrie du rap francophone, en vous rendant ici.
“Gérald got that fire, boy” est le name-tag du producteur français Gérald. Le morceau “Mama” marque la première collaboration entre ce dernier et son frère Unprediktable avec les rappeurs Maes et Booba.
De plus, il a travaillé avec des artistes comme Thabiti, RK ou encore Diddi Trix.
Vous pouvez retrouver son liner ainsi que ceux des autres producteurs ayant travaillé dans l'industrie du rap francophone, en vous rendant ici.
Ici Booba met en avant son origine “9.2”, correspondant aux Hauts-de-Seine en Ile de France. Il décrit son origine “j'viens de 9.2” comme une origine de qualité “la quality”. Le deuxième hémistiche du vers valorise la mentalité de la population de cette région avec “tu connais d'jà létat d'esprit”. La division de ce vers en deux octosyllabes donne, par ailleurs, un très bon aspect mélodieux.
Booba cite d'abord deux marques de luxe ostentatoires Versace et Dolce&Gabana, qu'il veut montrer. Il utilise l'expression de la cité de Koba laD “c'est B” (= “c'est bizarre”) pour exprimer sa méfiance concernant le but de la femme qui le séduit :
voir (1:01)
Maes fait référence au drive-by shooting, pratique d'origine américaine qui consiste à fusiller quelqu'un au volant d'une voiture tout en étant à bord d'un autre véhicule. Cela permet de s'enfuir directement et de laisser peu de traces.
C'est la simplicité de l'action qui est ici représentée par l'artiste, qui met en garde ses ennemis des représailles qui pourraient tomber sur eux s'ils faisaient “un pas de travers”.
Par ailleurs, le Sevranais faisait déjà référence à cette pratique dans son titre “T Max 530” paru en 2017 dans sa mixtape Réelle vie 2.0 :
Rafale en 2 temps, j'te laisse par terre, tu fais la croix
Maes explique ici le décalage entre sa volonté et celle de la ou des femmes qu'il a pu fréquenter.
Alors que ces dernières se projetaient sur le long terme prêtes à avoir des enfants, Maes ne souhaitait lui, qu'avoir des relations sexuelles.
Booba fait écho à Mohamed Henni, un influenceur dont la plupart des activités se font sur le réseau social Snapchat et sur sa chaîne YouTube.
Étant devenu riche grâce à ses nombreuses vidéos et les paris sportifs, il montre quotidiennement que l'argent est un excellent moyen de séduire les femmes. À travers les réseaux sociaux, on peut apercevoir le Marseillais porter des vêtements de luxe et mettre en avant de nombreux billets en disant que cela le rend beau : l'un des critères pour attirer une femme, selon lui.
B2O se compare donc à l'influenceur car lui aussi, grâce à sa popularité et sa carrière, possède suffisamment d'argent pour séduire des femmes avec des vêtements, des voitures ou des résidences de luxe.