[Intro - demi-refrain]
Inquiétez-vous le jour où vous m’entendez plus
Je serai peut-être sous une couverture de garde à vue au CHU
Entre les mains d’un keuf ou d’une infirmière moustachue
Vous êtes prévenus, Zavatta rigole plus...
[Couplet 1]
S’agit d’ouvrir les fenêtres, d’évacuer la fumée
D’évaluer à peu près où t’as perdu tes lunettes 3D
Ecrire FUCK dans la buée et l’appliquer
Quand tu te retrouves importuné par un porc thuné
Traverser des passages floutés
Attendre que le bonhomme soit rouge de rage, honteux de ce qu’il était
On te déclare égaré quand t’as que le porte-clés
On s’est bien éclaté, éclaté et qu’là t’es
Bien éduqué, c’est pour pas faire chier les pompiers que je me suis pas jeté du quai
Pris mon pied dans des shoes trop petites
Compris trop vite que le jeu était truqué
Dans une famille riche, on aurait peut-être pu croire que j’avais fugué
S’en suivront des lundimanches de chômeur à fumer du muguet
Divulguer un petit bout de ma personnalité
J’étais ni en arrêt, ni en pension d’invalidité...
[Refrain]
Inquiétez-vous le jour où vous m’entendez plus
Je serai peut-être sous une couverture de garde à vue au CHU
Entre les mains d’un keuf ou d’une infirmière moustachue
Vous êtes prévenus, Zavatta rigole plus
Inquiétez-vous le jour où vous m’entendez plus
Je serai peut-être en train de lire un livre que j’ai déjà lu au SHQ
Sache qu’avec mon petit doigt, je peux cacher la lune
Vous êtes prévenus, Zavatta rigole plus
[Couplet 2]
S’agit de fermer les fenêtres, éviter que les autres sautent
Le désastre, je peux être compris que des astronautes
Ma joue droite, des traces de rouge à lèvres après des tonneaux
On est plus en colo pour que tu m’écoutes en mono
Pour faire gol-ri, j’pourrais remplir des champs de gens qui m’haïssent trop
Prépare des coups magistraux
Anticipe et mets de té-cô pour d’éventuels frais de tribunaux
C’est Vîrus et ta mère sous un bureau
Une histoire qui ferait rire les enfants des hôpitaux
Un déguisement, pour passer incognito
Reconnu aussitôt sorti de cellule de dégrisement
Putain ! Déprimants, ces humoristes
J’étais meilleur public avec Jacques, Daniel, Philippe et Maurice
Ils font toujours les mêmes sketches
Sur la clope, l’avion, leurs belle-mères, leurs pannes de sexe...
[Refrain]
Inquiétez-vous le jour où vous m’entendez plus
Je serai peut-être sous une couverture de garde à vue au CHU
Entre les mains d’un keuf ou d’une infirmière moustachue
Vous êtes prévenus, Zavatta rigole plus
Inquiétez-vous le jour où vous m’entendez plus
Je serai peut-être en train de lire un livre que j’ai déjà lu au SHQ
Sache qu’avec mon petit doigt, je peux cacher la lune
Vous êtes prévenus, Zavatta rigole plus
[Couplet 3]
S’agit de fermer ta gueule, d’ouvrir tes oreilles
Mon nez rouge, c’était l’alcool + un petit coup de soleil
Partout où j’vais, je traîne mes casseroles
Inutiles car je déjeune aux tartines de beurre noir et au ras-le-bol
Pas d’humeur à me taper des barres de lol
J’ai l’air heureux mais j’ai pas les paroles
Pensant 90% des "Nan, j’rigole !"
Les vedettes ont intérêt de remettre un antiviol
Vîrus ment à son entourage, tout en poussant des cris à l'aide. Il lui arrive de dire des choses sincères qui pourraient sembler dérangeantes, ou révéler ses faiblesses, donc rapidement, il se rattrape avec un “nan, j'rigole” qui ne veut rien dire, car il ne rigole pas.
Il ne rigole plus.
CHU : Centre Hospitalier Universitaire.
Il faut imaginer le personnage mort ou mourant, récupéré après un accident mortel, voire une tentative de suicide.
Jeu de mots avec les monos, diminutif pour les moniteurs de colonies de vacances, et le son mono (monophonique) diffusé sur un seul canal. Pour écouter Vîrus il faut écouter avec les deux oreilles.
Désastre/Des astres
SHQ = verlan pour QHS : Quartier de Haute Sécurité.
L'alternative à l'accident grave, comme événement qui pousserait Vîrus au silence, c'est que par folie furieuse il soit tombé dans le crime grave, lui valant une peine de prison ferme en QHS.
La thèse du refrain est simple : si vous ne m'entendez plus, c'est soit que je me suis tué, soit que j'ai tué quelqu'un.
Jeu de mot en prenant au premier degré l'expression “prendre son pied”, qui reviendra sur l'EP suivant, dans le morceau “L'Ere Adulte”
Prendre mon pied, OK, mais qu'est-ce que je fous de l'autre shoes ?
Référence plus ou moins subtile à des drogues douces : Jack Daniels et Philip Morris, respectivement une marque de whiskey et une marque de cigarettes.


Faute de français volontaire : Vîrus prononce “haïssent” comme si le H était muet au lieu d'être aspiré. Ceci a pour but de jouer, évidemment, sur les sonorités, puisqu'il parle de champs… de maïs !
Vîrus explique que son entourage s'est fourvoyé en le prenant pour quelqu'un de drôle : ce n'était que le résultat de ses faiblesses, et il n'avait pas l'intention d'amuser la galerie.
Vîrus emploie ici ironiquement muguet qui est la fleur du 1er mai, jour de la fête de travail.
Attaque frontale à la banalité des humoristes d'aujourd'hui, qui ne font de l'esprit que sur des choses courantes, archi-ruminées, dans le seul but de toucher un public le plus large possible. On rappelle que deux chansons plus tôt, il citait Pierre Desproges, un humoriste dont la finesse et la subtilité mettent la misère à Elmaleh et consorts.
Subtil entremêlement du champ lexical de la cuisine, notamment du petit déjeuner (casseroles, déjeune, tartines de beurre, bol, ainsi que barres qui renvoient à celles de céréales) et de celui du mal-être (traîner ses casseroles, inutiles, beurre noir qui renvoie à l'expression “avoir un oeil au beurre noir” c'est-à-dire “avoir un cocard”, ras-le-bol, pas d'humeur).
Comme on peut le voir, certains lexèmes sont communs aux deux thématiques ; encore une belle démonstration de la force de Vîrus quand il s'agit d'associer avec cohérence forme léchée et fond riche de sens.
L'idée de cette phase, c'est que la galère est son pain quotidien.
À noter : pas d'humeur à me taper des barres de lol est étroitement en rapport avec le titre du morceau.
Vîrus détourne le proverbe chinois :
Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt
Lui, il se sert de son propre doigt, non pas pour la montrer, mais pour la cacher, et donc de facto regarder son doigt, comme s'il était son idiot à lui-même.
Le titre du morceau explore un paradoxe inhérent au milieu du cirque (milieu auquel il revient avec grande classe plus tard dans le morceau) : le fait que les clowns, même si leur rôle est de faire rire le public, sont des personnages tristes, dont tous les sourires sont faux.
Il fait référence pour celà à l'un des clowns les plus célèbres de l'histoire du cirque contemporain, Achille Zavatta.
Vîrus marie la notion de phases troubles de la vie d'un homme, dont il tire peu de fierté, et l'image d'un passage piéton (passage clouté), dont il filera la métaphore juqu'au bonhomme rouge.
On peut remarquer un premier indice de pulsions autodestructrices, puisque le personnage n'attend pas, pour traverser, que le bonhomme soit vert, mais rouge.
Humour bien noir. Vîrus commence par sortir une blague insultante grasse comme il faut, puis surenchérit en se disant que comme son blase évoque la maladie, ça serait encore plus percutant si on la faisait à des enfants coincés en hôpitaux pour cause de maladies graves.
Double référence fantastique.
Vîrus retourne au domaine lexical du cirque, décrivant sa vie comme un spectacle qui aurait perdu son conducteur. Imaginez un cirque sans Monsieur Loyal : un défilé incohérent d'acrobaties absurdes et dangereuses. Comme Zavatta ne rigole plus, il n'y a plus de Maître de Cérémonie. le cirque s'emballe.
Rappelons que les rappeurs sont appelés MC justement en référence aux Maîtres de Cérémonie d'une autre époque. Le rappeur est à bout de souffle, tellement qu'il en perd ses mots et son flow. En trois mots, Vîrus décrit la plus brutale crise d'identité qu'un rappeur puisse avoir.
Pour décrire comment Vîrus a feint d'être heureux en surface sans l'avoir jamais été dans le fond, il fait référence à une chanson dont on connaîtrait la mélodie sans avoir idée de ses paroles, et dont on pourrait se faire une idée bien fausse.
“J'ai l'air heureux” est vraiment la clé de ce vers génial, car on peut exactement le prendre dans les deux sens du mot air : paraître heureux ou chanter une mélodie joyeuse.
Il existe beaucoup de chansons dont l'air est heureux mais dont les paroles sont tristes. Vîrus se décrit comme l'une d'entre elles.