Released on March 29, 2017

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Quand j’ m’amèn’rai su’ la Mason

Qu’ j’ai dans l’idée, au coin d’ ma vie

Elle a s’ra just’ su‘ sa sortie

Pour aller fair’ ses provisions

Dès qu’a m’ verra

(Un vrai coup d’ tronche en pleins nichons)

Et comm’ tout par un coup r’froidie

A d’viendra blanch’ comme un torchon !

- Ah…

-Ah ! ben vrai… bonsoir ? Quiens ! Te v’là ?

Ça n’est pas trop tôt, mon bonhomme

Allons, approch’, pos’ ton cul là

D’où c’est qu’ tu viens ? Comment qu’ tu t’ nommes ?

-Qui c’est ton parfum ? dis ? des fois ?

(On pourrait t’ pister à la trace.)

-Mossieu a mis son sifflet d’ crasse ?

Mossieu va dans l’ monde, à c’ que j’ vois !

-J’ te connais comm’ si j’ t’avais fait

T’ es un rêveur…, t’ es z’eun’ vadrouille ;

T’ as chassé que c’ que tu rêvais

Et t’ es toujours rev’nu bredouille :

-Dors… laiss’ tout ça s’organiser

J’ suis la Beauté… j’ suis la Justice

Et v’là trente ans que tu t’ dévisses

Qu’ t’ es en marche après mon baiser !

-T’ es ben un galant d’ not’ Époque

Un d’ nos cochons d’ contemporains

Qu’ ont l’ cœur et la sorbonne en loques

Et n’ savent où donner du groïn

-Aussi on n’ te gob’ pas beaucoup

T’ offens’s les muffs ; t’ es bon pour l’ bagne

Comment, sagouin, t’ avais pas l’ sou

Et tu f’sais ta poire et tes magnes ?

-Quiens… maint’nant, causons des gonzesses

(Qué Sologn’ ce fut… tes vingt ans !)

Aucune a compris les tendresses

Qui braisoyent dans tes miroitants :

-Et t’ es cor deuil et plein d’ méfiance

À cause des fauvett’s qui dans l’ temps

Ont fait pipi su’ tes croyances

Et caca su’ ton Palpitant ;

-Et les ment’ries qu’ tu sais déjà ;

Nib ! T’ en veux pus pour un empire :

Hein : « Cœurs de femm’s, cœurs de goujats »

Et les meilleur’s… a sont les pires !

-N’ te tracass’ pas, va… dors, mon gosse ;

Dodo, mon chagrin… mon chouné

La France est un pays d’ négoce

Tu sauras jamais t’y r’tourner !

Et v’là. - A caus’ra jusqu’au jour

Comm’ ça en connaissanc’ de cause

Ses mots… y s’ront des grains d’amour

Et en m’ disant tout’s ces bonn’s choses

Dans son plumard silencieux

A mettra ses mains su’ ma bouche

Et pis ses bécots plein mes yeux

Dormir… dormir, jusqu’à midi !

Qu’a soye putain, qu’a soye pucelle

Le blair dans l’ poil de son aisselle

Comme un moignieau qui rentre au nid !

Sûr qu’a s’ra franch’, gironde et bonne

Son cœur y s’ra là pour un coup

Et ses tétons y s’ront si doux

Que j’ la prendrai pour eun’ daronne

Et loin des gonciers charitables

Des philanthrop’s… des gas soumis

J’aurai d’ la soup’, du rif, eun’ table

Et du perlo pour les z’amis

(Fini l’ chiqué des vieux gratins

Des pauv’s vieux cochons baladeurs !

Fini, Mam’ Poignet et ses leurres

Solitaires et clandestins !)

Dormir… n’ pus jamais rouvrir

Mes falots sanglants su’ la Vie

Et dès lorss ne pus rien savoir

Des espoirs et des désespoirs

Qu’ ça soye le soir ou ben l’ matin

Qu’y fass’ moins noir dans mon destin

Dormir longtemps… dormir… dormir…

Dormir… dorm… dormir…!

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ho ! mais bon sang ! Cell’ que j’appelle

Ça s’rait-y pas la Femme en Noir

Qu’est à coup sûr la pus fidèle ?

Oh ! là là, vrai ! La Dame en Noir

(Qu’un jour tout un chacun doit voir

Aux lueurs des trent’-six chandelles)

La Sans-Remords… la Sans-Mamelles

La Dure-aux-Cœurs, la Fraîche-aux-Moelles

La Sans-Pitié, la Sans-Prunelles

Qui tranch’ les tronch’s par ribambelles

Et, dans les tas les pus rebelles

Envoye son tranchoir en coup d’aile

Pour fair’ du Silence et du Soir !

(Et faire enfin qu’y ait du bon

Pour l’ gas qui rôde à l’abandon.)