Released on January 1, 2000

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[Couplet 1 : Teki Latex]

J'reste droit, comme une infinie ligne en acier

La colonne vertébrale chargée d'électricité comme si j'allais disjoncter

Discret, souterrain, d'un calme chromé métallique

Suivant donc différents mécanismes, côtoyant différents micro-organismes

Les rats, les blattes, les mégots de cigarettes abîment ma surface et m'oxydent

C'est sur moi que la roue tourne et glisse comme un patin à glace

J'ai trop le speed, sur mon sillon, des peuples entiers sont soudain légers comme des plumes

Je ressens des vibrations tout le long lorsqu'au loin, les petites lumières s'allument

Transmission en code morse, station après station

L'annonce d'une arrivée comme une prémonition

Un son sourd, un concours de circonstances

Lorsque deux monstres de métal se croisent, je tremble, je sursaute et je danse

Je m'étale, je rase le sol, je m'écrase pour mieux les laisser s'affronter, soutenant leurs pieds

Souvent, je me chevauche moi-même, Paris est quadrillé

Mes tentacules se déploient d'une porte à l'autre de la ville

J'ai tellement de style que certains me sniffent

Une tige en ferraille, polie, limitée, je suis un rail


[Couplet 2 : Tido Berman]

L'Humanité, j'transporte, comme un atlas, le monde supporte

Sur les quais, les uns s'endorment volontiers, se téléportent

Aux heures de pointe, les mauvaises odeurs, on s'coltine

Esquive la sueur des autres, on s'agglutine

Mes circuits, j'alimente d'éléctrodes

Des baromètres indiquent des pressions, des écrans, des codes

Des hommes en uniformes rôdent, d'autres font marche arrière s'ils fraudent

Dans ton casque, écoute ma prod

On circule dans d'énormes tubes où des clochards nous embaument

Certains les dévisagent, occultes, agissent comme sur le trône d'un royaume

Un borgne est dans le tumulte d'une foule ethnique amplifiée

Grogne de rage dans sa barbe des élucubrations tragiques, catastrophiées

Ce borgne extériorise sa hargne, transformée en haine

J'reste de marbre et pourtant, ça me gêne

Vas-y, graffe ou tague, tard, roule un oinj de taille

Hard est le nombre de mecs qui se jettent sur mes rails, t'es dans le trom'


[Couplet 3 : Cuizinier]

Des pas se font entendre

La masse au travail doit se rendre, bienvenue dans ma paroi stressante

Comme le bruit d'une craie qui crisse sur une ardoise

Tous profils se croisent et se faufilent

De la boulangère à l'étrangère au MC bidon se la racontant

Je suis sous protection

Des caméras identifient, les contrôleurs vérifient

On me décrasse chaque jour de ces hiéroglyphes complexes

Un truc important, analyse la saleté dans laquelle t'es en train de te balader

Tu marches comme un robot, lobotomisé

Essayant de lire les indications recouvertes de stickers

"Des pickpockets sont susceptibles d'agir", tu entends venant des speakers

Protège ton oseille, les freins grincent sur les rails et irritent tes oreilles

Lorsque tu empruntes mes corridors aux odeurs cadavériques

Prends la correspondance, je suis une souterraine galerie