Released on April 13, 2015

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[Paroles de "Ici"]


[Couplet unique : Hugo]

Les p'tits veulent être bouclés, ils disent "d'abord le bizz, au pire on taffe"

Dur de combattre, parcours bouchés comme le ton-car d'un pilon gras

Dur d'rester en place, trop d'gratteurs, trop d'crackers

J'ai pas les fonds d'un grand trader

J'ai l'corps en flammes comme Ghostrider

Impossible de rester haut, si t'es rabbat, c'est qu't'es des nôtres

Des dépressions et des rafales : voilà l'bilan d'ma météo

Si tu les niques tous, tu montes, pour pas entendre, j'écoute du son

Les conseils rentrent par une oreille et r'viennent après un tour du monde

Loin des tours en verre, tellement d'gueush, le soir, on s'saoule en scred

J'éclaire comme une lanterne là où les keufs regardent toujours en l'air

Même si la vie m'malmène, j'garde le sourire comme une barmaid

Messages de putes et pubs de cul, le monde ressemble à une boîte mail

Imagine adolescent, ton accent d'rue crée des remparts

T'écouterais qui ? Tes rents-pa ou les clients qu'tu vois en bas ?

Prêts à vendre, ou à prendre n'importe quel mélange qui défonce

Juste des parcours humains, ici, y a ni anges, ni démons

En manque d'appui, c'est abusé tu peux pas tout traduire

Pensent qu'à gruger, tous capuchés, mais c'est pas pour la pluie

Ca vend la Ket', c'est pas la fête, j'rappe pour crever l'abcès

J'vois qu'on préfère cogner la tête de son voisin que d'se creuser la sienne

Dès leur lever, prêts à crever, ils veulent pas perdre un sou

L'ambiance est énervée, ils niquent leurs vies pour le salaire d'un chouf

Tous dans l'doute, certains sont suicidaires, très peu l'avoueraient

C'est pas pour changer les ampoules quand ils montent sur un tabouret

Rêvent du "tar-mi", mais dans le vice y a pas de demi-tarif

Partir en couille, c'est très rapide quand on t'promet un smic à vie

Certains s'réveillent en pleurs, j'entends c'qu'ils pensent quand ils s'endorment

Mais comment veux-tu qu'ils s'en sortent? Tout prête à dire qu'la vie c'est triste sans drogue

Adolescent, ton accent d'rue crée des remparts

T'écouterais qui ? Tes rents-pa ou les clients qu'tu vois en bas ?

Ici aucun coupable ne s'dénonce, que des mélanges qui défoncent

Juste des cerveaux humains, ici y a ni anges, ni démons

J'sais qu't'as faim, range ta fierté prends quelques frites et croque

Normal qu'on perde la tête y a des charters sur les parkings d'école

Ils ont appris les codes, ils veulent palper donc normal ils t'escroquent

Les filles veulent être escort, y a trop d'taspé placardées sur les kiosques

La violence escalade: des kalash et d'la came

Des chats noirs et des shtars, plus des tié-quar là c'est des Stalag

Un pain d'héro, un peu d' "lère-ga", des armes et plein d'égo

C'qu'ils veulent c'est du seille-o, les banques c'est mort, ils s'braquent les uns les autres

Veulent leur conso même en s'approchant du néant

Le commissaire voudrait qu'on saute comme des valises sans surveillance

Les plus jeunes sautent à pieds joints sur un échafaud et ça chauffe

Si facile de l'convaincre que tout vient d'l'autre, que rien n'est d'sa faute

Adolescent, ton accent d'rue crée des remparts

T'écouterais qui ? Tes rents-pa ou les clients qu'tu vois en bas ?

On voit la violence qui té-mon, des mélangent qui défonce

Juste des parcours humains, ici y a ni anges, ni démons

Tu penses savoir c'que t'as à faire, c'est pas moi qui t'jugerai

Si tu t'réveillais 15 ans plus tard demande-toi tu qui tu s'rais?

Plus de tass, moins de demoiselles, niveau modèle c'est démentiel

Alors c'est ça votre rap Hardcore des quarantenaires qui rappent pour des moins de 16?

Quant au grand frère, comment s'fait-il qu'il s'branle autant

Etre respecté devient un défi quand c'est les p'tits qui vendent aux grands

Même dans les barres de rires, j'y vois qu'le vice, les chances s'amenuisent

Petit frère veut qu'on parle de lui, prend rendez-vous avec la BAC de nuit

Adolescent, ton accent d'rue crée des remparts

T'écouterais qui ? Tes rents-pa ou les clients qu'tu vois en bas ?

Prêts à vendre ou à prendre n'importe quel mélange qui défonce

Des enfants déchus, ici y a ni anges, ni démons