1/4 de siècle

By Triptik

On Microphonorama

Released on May 22, 2001

Thumbnail

[Couplet 1 : Dabaaz]

Anonyme parmi tant d'anonymes, Dabaaz pour pseudonyme

J'marche dans la ville lorsque mon esprit s'envenime

Comme si, de mon corps, voulait s'échapper mon âme

Tenant mon crâne entre les mains pour garder mon calme

Échapper au drame, j'm'interroge, à quoi j'me destine ?

Merci pour l'estime, mais bon, pourquoi j'm'escrime ?

A passer l'éponge, quand ma conscience alertait mes songes

J'ai tourné la page, chaque jour, je perds un peu d'ma rage

Un quart de siècle, un quart de rêve, un quart de claques

Pour le reste, un quart de flemme et un quart de niak

Maintenant, c'est con d'voir c'que j'ai pu être candide

Quand j'avais l'cafard, c'que j'ai pu être sordide

Traquant le facteur, j'attends mon chèque de SACEM

Scrutant l'secteur, tétant cette bière qui m'assomme

Même le temps me harcèle, je savais bien que j'rendrais des comptes

Pour me retenir, personne quand j'empruntais la pente

On reste debout, chaque fois, le temps efface les dégouts

Pardonnez-nous, on brûle la chandelle par les deux bouts


[Interlude 1 : Dabaaz]

Et ouais, on n'a pas l'choix, on fait comme ça...

Comme ça, mais bon...


[Couplet 2 : Black Boul']

Yo, jusqu'à ce jour où tu ne laisses que des cendres, tu n'fais que descendre

La vie passe vite, comme l'année quand c'est déjà décembre

Et peu importe si, entre l'bien et l'mal, tu oscilles

Nous sommes tous les mêmes quand vient la mort et sa faucille

Elle gommera tes idioties d'enfance

Et ton posse aussi, comme le souvenir de ton passage en France

Elle te rendra docile comme un agneau

Comme une 'tasse aux faux cils quand t'allonges le pognon

Fossile nous redeviendrons jusqu'au trognon

Aussi, ravale ta rogne, le temps nous tiens à sa pogne

Nous sommes que des pantins que le dieu Chronos agite

Écoute le rap d'un jeune au cœur gros, nostalgique

Donc, gentiment, ami, laisse parler tes sentiments

Savoure les liens que l'amitié, l'amour et le sang cimentent

Moi, j'laisse couler, comme l'encre au centre du papier

Pendant que d'autres se coupent entre eux pour ne pas plier


[Interlude 2 : Black Boul']

Qu'adviendra t-il de moi ?

Triptik, vis vite, et meurs


[Couplet 3 : Black Boul']

Yo, même si, demain, on crève de faim, faudra qu'on paye pour se nourrir

C'est malheureusement aussi vrai qu'on naît pour mourir

Parce que l'Homme est un loup pour l'Homme, l'Homme est un zoulou pour l'Homme

Aucun autre animal que l'Homme n'est aussi jaloux de l'Homme

Et tous les proverbes du genre : "Qui peut le mieux, peut le pire"

C'est bien beau, mais "Qui peut le mieux" : qui peut le dire ?

Et se faire un sang d'encre, c'est comme bouffer d'la barbaque sans dent

Ça sert à rien comme ces cons qui sont condescendants

Les liens entre les Hommes se sont obscurcis comme les ruelles

Et les Hommes, eux-mêmes, se sont endurcis comme les duels

En sursis dans ce perpétuel mouvement

A coup de serpes et de truelles, l'individu l'ouvre grand

Isolés comme des atolls, on s'déchire comme en battle

Alors qu'il faudrait juste se soutenir comme des attelles


[Outro : Black Boul']

Il y a tant de questions qui restent sans réponse

Tant d'interrogations que le temps éponge