Couplet 1 :
Le bruit de la pluie sur les pavés
Les moteurs des voitures qui passent
Les allées pleines de gens pressés
De voitures qui tracent
Une sirène au loin
Quelques cris étouffés
Les flics viennent détrousser
Des jeunes qui en viennent aux mains
Les terrasses sont investies
L’alcool coule à flot
La clope ou la dope
On côtoie les interdits
Éclats de verre brisés
Débats de frères grisés
N’oublie pas de faire tiser
C’est gueule de bois certifiée
La musique s’échappe de toutes les devantures
Entre rire et chant ici le bonheur se prend pur
Un couple en pleine étreinte un autre qui se crée
Et à côté on trinque à nos petits secrets
Mais je ne rigole plus quelque chose me prend dans le bide
A deux pas, seul, sur un carton pratiquement sans vie
Un visage sombre presque enfantin quasiment sans rides
Qui attend un miracle ou la mort le regard dans le vide
Refrain 1 :
Le regard fixe et froid
Noir comme son désespoir
Elle ne ressent plus l’effroi
Dans le cauchemar elle se laisse choir
Elle prie des fois
Bien qu’elle soit résignée
Elle supplie la mort de bien vouloir la désigner
Couplet 2 :
Quelques rires d’enfants, quelques pleurs vite essuyés
Des souvenirs d’antan de marmots vite épuisés
Une lueur de printemps et des bambins déguisés
Des visages chantants des mots doux qu’on s’est glissé
Malgré l’absence d’un mari ou l’absence d’un père
Elle avance face à la vie sans qu’on ne recense d’impairs
Elle reste droite et tente d’étouffer la souffrance interne
Et malgré tout ses trop rares sourires sont souvent sincères
Vides sont ses poches comme son frigidaire
Elle n’actionne jamais le chauffage y compris l’hiver
Elle se bat pour ses enfants dans une rigueur militaire
Mais boit un peu pour écarter les pensées suicidaires
Elle se souvient de l’époque elle était si splendide
Rêve en tête désormais elle se sent si candide
Elle regrette l’époque d’avant que ça parte en vrille
Immobile devant ses factures le regard dans le vide
Refrain 2 :
Le regard dur et droit
Noir mais parsemé d’espoir
Elle ne supporte plus les poids
Le soir tard elle le laisse voir
Elle prie des fois
Elle marche sans se débiner
Elle subie d’accord mais se refuse à déprimer
Couplet 3 :
Un sourire charmant un matin ensoleillé
Deux amants qui s’étreignent à moitié ensommeillés
Un torse accueillant confortable sans oreiller
Elle se sent épanoui elle aimerait tant procréer
C’est une romance qui débute qui dévoile ses promesses
C’est l’amour qui exulte et déballe ses prouesses
Plus qu’une simple dispute viendra troubler l’ivresse
Et provoquer la chute invoquer la tristesse
Elle tombera enceinte et le père disparaîtra
Luttera quelques temps mais se sentira vite à l’étroit
Se soulage dans des substances qui la laissent dans un sale état
C’est à la perte de son emploie que la vie s’arrêtera
C’est le début de la fin car elle s’autodétruit
Les assistantes sociales la guettent et elle en connait le prix
Une fois privée de ses enfants elle ne se relèvera pas
Puis sera expulsée, forcée à rendre les clefs de l’appart
Le cœur rendu aveugle elle avance sans guide
Se perd dans des pensées complètement sordides
Des larmes coulent sur son visage que le vent torpille
Elle déambule dans la rue le regard dans le vide
Refrain 3 :
Le regard triste et moite
Noir comme l’est son histoire
Elle ne ressent que le froid
Le soir tard seule dans un square
Elle prie des fois
Accepte sa destinée
Mais sa détermination commence à décliner
Couplet 4 :
Rayon de soleil sur les pavés
Odeur de nourriture qui tâche
Les allées pleines de gens pressés
De voiture si classes
Une sirène au loin
Qui passe inaperçue
Pour l’heure elle découvre la magie de l’amour et sa vertu
Assise en terrasse elle fait connaissance
Elle sent déjà que c’est l’élu celui qui va donner sens
A sa vie mais elle vient de quitter l’adolescence
N’est pas consciente des sentiments et leur obsolescence
Elle ne se doute pas un instant de ce qu’il va advenir
Que cet amour naissant ne va pas tenir
Qu’en ce lieu où elle se trouve elle devra revenir
Cette fois dépossédée de tout sauf de ses souvenirs
Qu’elle s’installera en face de ce fameux bar
Ressassant sans cesse la trame de ce fameux soir
Seule sur le sol courtisée par le froid chaque soir
Il a l’air si sincère elle ne demande qu’à le croire
Elle boit ses paroles, papillons dans le bide
A ses côtés elle pourrait affronter 100 vies
Elle s’imagine vieillir avec lui ils auront tant de rides
Elle se projette dans le futur le regard dans le vide
Refrain 1