Demain c’est rien

By Toziako

On Champ de Spleen

Released on February 5, 2017

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L’encre coule le temps se suspend 

Le deuil du soir, transporte l’émotion

Sac d’image dans ma mémoire

J’te parle de ceux qu’on écorche vifs, de ce que je vois

Des mecs perdus dans leur propre histoire qui attendent qu’on les délivre

Et livrent leur combat quotidien coincés dans la routine

Roupillent, charbonnent et recommencent la rage dans la rétine

S’échinent à suivre la cadence que le destin dessine

Et triment conservent les apparences quand leur entrain décline

Le travail tue autant qu’il fait vivre

Emprisonne autant qu’il délivre

Blesse autant qu’il guérit

Entre aspiration et obligation on dérive

Sous une pression agressive 

À petit feu on périt

Périssables sont nos existences d’artifices 

Loin de toute innocence courtisés par Iblis

J’planifie l’avenir avec un tracé permissif

J’veux pas porter mon fardeau éternellement comme Sisyphe

On perd nos vies à les gagner j’en suis abasourdi

Fonçant tête baissée oubliant que nous n’sommes qu’en sursis 

On veut plus rien entendre quand l’argent nous assourdit 

Mais peu de plaisirs assouvis quand on survit

Et demain sera comme hier si on fait que l’attendre

Notre joue ne dérougira pas si on fait que la tendre

Notre âme ne s’allégera pas si on fait que la vendre

Faut pas se rendre, la planète entière regorge de cœurs à prendre

J’avance dans la course de la vie poumons encrassés

J’avais des rêves j’ai même pas essayé de les embrasser

Demain sera mieux qu’hier on y pense assez

Mais le temps se charge de transformer l’avenir en passé

On s’berce de superflu, oubli l’indispensable

En guise de super glue laisse un indice dans l’sable

Mais tout sera bientôt balayé par la marée

On fera partie de l’histoire que jadis on aura narrée

Notre rôle est obscur dans cet univers

L’énigme a ses mystères, les destins des plus divers

La chaleur des étés remplace les pluies d’hiver

L’histoire se répète peut-être que vivre est suicidaire

De cellule à poussière le chemin n’est pas si long

Entre vérité et mensonge souvent nous vacillons

On se rencontre on se quitte on fait des croisillons

Et chaque action est susceptible d’entrainer l’effet papillon

Et sur le papier j’laisse ma trace pour ne pas plier

Égratigner, je rap mes angoisses pour ne pas crier

Fatigué, j’m’éloigne de la masse pour ne pas vriller

Fou à lier, si faut que j’me casse j’me ferais pas prier

Habité de vils rancœurs

J’fais pas confiance, j’trie bien les personnes à qui je dédie mon cœur

On né on vit on meurt

On crée on rit on pleure

On fait on fuit on flirt 

Et on crée nos prisons de peur

Peur du lendemain de ce qu’il nous réserve

Attirés par des mirages, perdus esseulés dans le désert

Des tentations très peu se préservent

À la merci de notre plus sauvage instinct de ce qu’il nous fait faire

Quelque part entre bien et mal

Tous humains, consumés par nos tords paumés en plein dédale

Dans la machine infernale de nos débats internes

Recentrés sur nous même, ce qu’il se passe ailleurs ça nous est bien égal

Mais rien n’égal l’interaction avec ses semblables

La société a fait de nous des êtres invraisemblables

Coupés de l’essentiel, tous inter-échangeables

Peu sincères et sans gènes, et très peu défendables

On n’s’écoute pas, on s’regarde plus

On ne se lie plus d’amitié on lit les coms sur nos actus

On bave devant des tas de pubs, on bave devant des tas d’culs

On fait rien gratuitement puisque tout se chiffre ou se calcule

Bienvenu dans un monde de compétiteurs

On s’écrase entre nous on en oubli respect et pudeur

Certaines font des squats et s’affichent sur Twitter

Depuis qu’avoir du cul c’est mieux qu’avoir du cœur

Mais c’est pas les photos et les statuts que t’as publié

Qui feront que dans le vrai monde avec les gens tu seras plus lié

J’ai vu la bêtise sur les réseaux et j’ai cru vriller

J’ai bé-ger en voyant que la plupart de ces trous du culs riaient

C'est la dictature de l'image on avance masqué

On prend pour des fous ceux qui ont le malheur de contraster

Prisonniers de la technologie, on ne peut plus s'en passer

Tu t'aimeras pas plus toi-même malgré les "likes" entassés

On connait des gens partout, les vrais amis c’est plus rare

La plupart, ne savent pas qui tu es une fois sorti du bar

La plupart, de nos relations ne mènent nulle part

La plupart, de nos relations ne sont qu’illusoires

Illusoire, comme croire que l’avenir sera meilleur grâce

A ceux que l’on met au pouvoir et qui s’accrochent à leur place

L’heure passe et pour l’instant on est toujours dans l’impasse

J’me demande comment ils peuvent encore se regarder dans leur glace

Leur caste, c’est tout ce qu’ils défendent, ce qui les intéressent

Ils mangent le banquet et s’étonnent que le peuple se plaint des reste

Quand le tonnerre gronde s’abritent derrière leurs CRS

Mais le temps presse car même ces derniers en ont plein les fesses

Ils se distinguent sans briller

Se contredisent sans ciller

Ne connaissent pas la honte et finiront leur vie rentier

Malgré les casseroles empilées

S’en sortent libres et entiers 

Depuis que la balance de la justice sert de cendrier

Licencier des usines entières pour plaire aux actionnaires

Tenter de faire passer la pilule lors de débats sommaires

Ne font que décevoir, ignorent les voix de la colère

Puis s’étonnent que beaucoup se tournent vers des partis réactionnaires

Putin de merde j’ai peur pour mes enfants

Quand je vois l’ombre grandissante de mon avenir en France

J’ai passé des diplômes j’vois aucun débouché

J’ai tout fait mais j’ai sans cesse cette sensation d’étouffer

Chômage, régressions sociales, récession globale, dépressions locales, chassées par des réflexions focales

On nous enfume avec des détails

En quoi ça pourrait me déranger que ma voisine veuille porter le voile

Voile, un voile devant les yeux c’est ce qu’ils veulent nous mettre

Veulent une masse ignorante plutôt que cultivée et ouverte

Cherche à nous diviser, disant que le danger nous guette

Mais le danger c’est eux qui le créent c’est ce qu’ils veulent omettre

Ils vendent du rêve dans l’opulence

Pendant que la plupart crève en silence

Jours et nuits se succèdent ça va de mal en pis

On met tous un pas devant l’autre sans aucune garantie

A chaque jour suffit sa peine

Chaque amour suffit sa haine

La vie n’est qu’une mort lente et chacun subit la sienne

Chaque jour j’étudie la mienne

Une ambiance de pugilat règne

Mais aucun projet n’aboutit, à chaque jour suffit sa flemme

J’commets sans cesse les mêmes erreurs je crois qu’je tourne en rond

J’ai l’impression de m’enfoncer dans un trou sans fond

Les êtres chers certains restent mais beaucoup s’en vont

J’aimerais dire que y’a pas de soucis mais beaucoup s’en font

J’avance en zigzaguant sur le chemin de la droiture

Putin j’ai 22 ans et j’suis même pas mature

J’aspire à être un homme j’en ai pas la carrure

A peine l’armature, pas même la stature

Tous effrayés de se retrouver face au miroir

Peur de se retourner de contempler notre histoire

Tant de questions sans réponses dans la nuit noir

On fait nos réquisitoires, souvent peu méritoires

Dérisoires, bien souvent contradictoires

Un constat qui foire et à force on en a vite marre

Mais dans les tiroirs de nos mémoires provisoires

On aimerait tellement réécrire certaines pages du grimoire

Promesses du matin et tristesse du soir

Car on sait tous qu’on approche de la date butoir

Pour ne pas y penser chacun son exutoire

En sachant pertinemment qu’aucun ne sera absolutoire

Donc on préfère éviter la confrontation

En s’évadant dans des substances de compensation

Par tous les moyens on veut créer le distanciation 

Pour oublier que l’on mène une vie banale sans sensation

Maigre consolation, pour fuir la contemplation

Aliénation qui donne l’impression d’émancipation

Renonciation qui pousse à refuser toute implication

Une vie sans passion sans façon j’cultive mes plantations

Les plaisirs sont infimes mais j’en fait l’addition

J’me rend compte qu’être heureux ne dépend que de ma vision

Je n’suis qu’un homme en somme plein de contradictions

Faible face aux tentations je lutte contre l’addiction

C’est à moi et à moi seul d’écrire la partition 

Ainsi qu’apprendre à apprivoiser ma partie sombre

En baissant les bras c’est nos idéaux que nous trahissons

Malgré l’affliction la vie est belle j’accepte la mission

Car demain c’est pas grand chose c’est surtout plein de promesses

Et c’est surtout dans nos te-tê que les blem-pro naissent

L’incertitude fait peur mais entraîne de belles surprises

C’est dans l’inconnu que les plus grandes merveilles surgissent

J’avance entre appréhension et excitation

J’attends qu’l’imprévisible dévoile ses imbrications

J’tâtonne timidement à droite à gauche avec hésitation 

Je savoure les coïncidences en attente d’explication

Éternel apprenti en quête de tant de réponses

J’observe les causes, les effets, et toutes leurs conséquences

J’accéderai pas aux pétales sans me défendre des ronces

J’e n’trouverai pas ma voie sans des moments d’errance

J’prends c’qu’il y a à prendre même si l’issu semble fatale

Viens dans ma tête t’auras rarement vu autant de pagaille

Si la vie est un combat je veux mourir sur le champ

J’veux mourir sur le champ de bataille

J’vois pleins d’esprits poussiéreux quand je balaye la foule 

Donc j’y préfère la solitude celle qui réveille la fougue

Perdu au milieu d’une triste époque qui perd la boule 

Le calme avant la tempête c’est c’que décèle la houle

Le tonnerre précède la foudre, Memento Mori

La mort te tutoie le vouvoiement est bien trop poli

L’existence sait te faire apprécier ses dichotomies

Quelque soit ton âge, ta richesse ou tes idéologies

C’est pas de la théologie, c’est plus qu’une évidence

On finira tous avec 4 planches pour résidence

Qu’adviendra-t-il après ? La question est immense

Mais avant chacun traînera ses erreurs pour pénitence

La mort comme délivrance, ou comme châtiment

Dénouement inévitable au bout d’un parcours abîmant

On aurait pu on aurait dû on aurait voulu

Mais on ne prévoit pas la manière dont les choses évoluent

On court souvent vers des lendemains désenchantés

On laisse une bonne moitié de nos projets en chantier

Une multitude d’idées qui sont rarement enfantées

Par manque de confiance on répugne à se mettre en danger

On s’interroge mais peu de réponses à nos pourquoi

On fait des choix s’insurger ou rester courtois 

On vit au conditionnel passé les souvenirs sont sournois

Pas le temps pour les regrets mais les regrets ont le temps pour toi

Tout est écrit tout est très gris tout est très cru

T’achètes pas la faucheuse malgré tout tes écus

Que t’es le cœur léger ou que tu croules sous le vécu

L’ange de la mort reste aveugle sourd et têtu

Et de tout temps plane un certain désir d’éternité

Las vanité que de vouloir continuer d’exister

Pleinement conscient qu’un jour ou l’autre c’est terminé

L’art est intemporel donc je contribue pour persister

J’me prend la tête pour être écouté par pas grand monde

Mais c’est une victoire si mon texte suscite la rencontre

Si mon son fait bouger quelques têtes quelque en soit le nombre

Si au travers de ces quelques lettres t’aperçois mon ombre 

J’suis rien qu’un môme que la musique ensorcela

J’ai la parole et j’compte pas en faire n’importe quoi

Etre fier de mon œuvre c’est tout c’qui m’importera 

Même si tout ça c’est du vent le temps l’emportera

C’est une photographie de l’instant présent

Débutant par les observations d’un enfant de treize ans

Ressentant le besoin de lâcher les mots qui délestent

Jusque là rien de nouveau sous l’incendie céleste

La vie est une énigme dont on choisit l’astuce

La mienne j’la connais pas donc j’en dirais pas plus

Peut-être que je perds mon temps dans un quasi laïus 

Mais si j’fais qu’pisser dans un violon j’pisse dans un Stradivarius

J’crois que peu importe l’heure il sera trop tôt pour mourir

Donc j’attendrai pas un meilleur lendemain pour sourire

Tu crois que le temps t’attends tu peux toujours courir

En revanche six pieds sous terre les vers t’attendent pour s’nourrir

J’m’estimerais heureux si je n’deviens ne serait-ce qu’un souvenir

Si dans la vieillesse j’ai mes enfants pour me soutenir

Sur ton chemin certains sèmeront la haine pour te nuire 

Mais ne t’en fais pas il te restera l’amour pour tenir

Penché sur ma feuille j’cherche les mots efficaces

Pour marquer ma présence avant que la mort me dédicace

Les branches de l’arbre généalogique grandissent et puis cassent

L’amour est aveugle : écrivez en braille sur mon épitaphe

Un jour ou l’autre demain s’éteint

Mais dis toi que demain c’est bien, demain est tien

Et même si j’essaye de le prendre comme il vient

Je pense trop à demain, même si demain c’est rien