Dédale

By Sparga

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A l’aube je me balade, songeur, dans Paname et ses dédales

J’étais ce tit-peu en casquette-banane, rêveur

Mais qu’à r’çu que des balafres

J’suis ce type banal, qu’attends, son heure

Comme ces clochards sur les quais d’la gare qui crèvent la dalle

J’vois le mal de toute part, l’espoir s’est fait la malle

J’rêvais d’la vie de palace

Mais dans la, vie faut khalass et du coup faire d’la maillе

Personne va t’donner sa placе non non va falloir qu’tu t’la taille

On rêve d’une vie plus colorée qu’la Butte-aux-cailles

Mais édulcorés sont nos vies plutôt calmes

L’instru j’la butte au calme

Ouai j’ai la rage, comme à Hong-Kong ou à Alger

J’veux rendre hommage, aux éborgnés aux balafrés

Aux mains arrachées, aux poings levés

Ouai j’ai la dalle, j’veux le homard à De Rugy

La vraie vie comme Da Uzi, m’amuser de facéties

Et nique sa mère la paperasse, les shtars, les strasses et les paillettes

Les traces, les crasses, les timpes et les tapettes

J’suis ce couche-tard qui traine sa carcasse dans les bars et les guinguettes

Marre de mes, frasques sensas

Quand les blèmes-pro s’entassent

J’écris des phases fantasques

J’m’mévade sans taz

Ya qu’dans l’rap qu’ça la fout mal d’être un tou-bab

J’dis tout haut c’que tout l’monde pense tout bas

Le grand débat une soupape

La populace fou d’rage

Les politiques une sous race qui accapare le pouvoir

Et puis le peuple, incapable d’se mouvoir

La police, incapable d’s’émouvoir

La vie en rose ? Non

Ici-bas c’est tout noir

Ouai ici-bas c’est tout noir

Et dis-moi faudra, combien d’années ?

Avant qu’les cons soient damnés ?

Assange libéré et les fraudeurs condamnés ?

Entre rimes sincères et subversives

Mes multi-syllabiques dansent sur la mélodie

Dis-moi d’où vient ce mal-être qui m’habite ?

Celui qui hante ma lettre et mes rimes


[Extrait d’une interview de Jacques-Yves COUSTEAU]