Released on June 24, 2011

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[Couplet 1]

Rentre dans un bar au hasard, un rade crasseux jauni à la Gauloise

Les discussions s'arrêtent, une assemblée de poivrasses me toise

Accoudés au comptoir, plus de six bières au compteur

Cette grosse brochette de nases me prennent peut-être pour un steak

On entend les mouches voler, les blattes caner de leurs métastases

Direct je rodave qu'ils vont me chercher des noises

Je me dirige vers le jukebox attifé de néons bleus et roses

Et soudoie sa fente de catin contre un air de jazz

J'installe ma grande carcasse au-dessus du ruban de zinc auréolé

Avec l'intuition et l'impression que la situation va devenir olé-olé

Le gilet noir qui porte qui porte sans doute le deuil de son amabilité

Se dirige vers moi et me demande sèchement ce que je désire ingurgiter

Je lui dis : "ferme ton claque-merde et sers-moi un 'sky et des 'cahouètes"

Il me balance une droite qu'avec le cendrier j'arrête

Je saute par-dessus le comptoir tel un Cosmocat

Attrape le magnum de pastis et lui fracasse sur le coin de la gueule

Le larbin pisse le sang et couine sa mère

Tandis que les piliers me reluquent tous de travers

J'espérais que ça serve d'exemple

Mais Moustache, le justicier de service, dit qu'il va me foutre une trempe

Je lui fais : "tire ta mère de là avant que je te foute la gueule comme ton cul"

Le gars ne bluffe pas et me sort sa carte de lardu

Généralement y a le calibre spécial shmiture qui va avec

Mais Moustache est un cow-boy et me braque d'un .357

Ni une ni deux, je sors mon noeud

Et commence à pisser sur sa paire de santiags de rasdep

Il me dit "arrête tout de suite ou je te fais exploiser la tête

Remballe ton engin et enfile donc ces menottes"

Je lui réponds : "minute papillon, faut que je me jette un sky

Je règle l'addition en gentleman et après, promis, on se taille"

Il me dit : "OK, parce que pour toi c'est le dernier avant long time"

Donc j'hésite entre Jiblard et Ballantine's

Ce poivrot s'enfile un jaune cul sec sans l'avoir noyé

Dans deux minutes c'est sa pouliche qui va larmoyer

Il me tient en joue, son regard dans le mien

Tout en me préparant mon jus à une seule main

Me v'là servi, moment choisi pour m'allumer une tige

Le liquide et l'allumette voltigent, le type pige, mais trop tard

Le gus s'enflamme tout en se mettant des gifles, balèze

Je me pâme, récupère son arme et file à l'anglaise


[Couplet 2]

Je prends le métro, XXX le brolique dans mon fute

Direction l'Assemblée Nationale ou chambre des putes

Là j'escagasse un journaleux d'un coup de crosse dans le tarin

Lui chourave sa carte de presse, ça fera moins de baratin

Je m'installe parmi les parrains dans l'hémicycle

Les dévisage un par un, ça y est, je vais commencer mon cirque

Je me dirige vers l'oratoire pour couper court à leurs discours

Leur président, un bâtard, me demande : "mais, mais... mais qui êtes-vous ?"

Un peu de respect fiston, moi je suis ton père

Car sache que ta mère avait une chatte à la place du coeur

Le gus se met à chialer, je lui dis : "piaille pas, connard

Crache donc ta Breit' et ton larfeuille dare-dare"

Le côté gauche du Bâtardodrome rigole de ma vanne crédible

Je leur dis : "finie la rigolade, tout le monde raque et vite"

Je passe dans les rangs récupérer le butin

Et cet hiver ça fera moins de fourrure sur le dos de vos catins

Je tire ma révérence en les gratifiant d'un bras d'honneur

Merci bande de trimards, ce fut un vrai moment de bonheur !

Je sors comme je suis rentré, grâce au passe de l'autre gugusse

Avant de continuer ma journée, je dépose la fraîche à Emmaüs


[Couplet 3]

Pas le temps de dire ouf, me v'là dans le quartier d'affaires

Compagnies pétrolières, chefaillons et autres raclures

Bien décidé à faire les miennes, je rentre dans le building

Prends l'ascenseur : étage du directeur général, bien sûr

Sa secrétaire, à peine vingt-cinq balais, bombe anatomique de qualité supérieure

M'offre une vue plongeante sur un 95D qui me laisse plus que songeur

Mais revenons à nos moutons, petite, appelle-moi le grand patron

Dis-lui qu'il faut qu'on jacte et que j'ai pas son temps pour faire le con

Avec audace elle me répond que Mister Mes-Couilles est occupé

Qu'il faut prendre un rendez-vous, voire même essayer de rappeler

Écoute poulette, t'es bien trop mignonne pour que je t'abîme

Ta jolie petite gueule de starlette, alors remballe tes disquettes, allez hop

J'enferme la princesse dans son nouveau palais

Le bureau du technico de surface : un placard à balais

J'éclate la lourde du boss d'un coup de tatane made in Taïwan

Repose ce phone avant que je t'avoine, Ernest-Antoine

Il bafouille et postillonne son haleine pur malt

Mais ravale sa langue de hyène à la vue de mon Colt

J'appuie sur la détente, la fenêtre part en éclats

Le rond de cuir fait dans son froc et m'ouvre son coffre fissa

La bouche métallique du coffiot s’entrebâille

Dentition anarchique de lingots en bataille

Et ben mon salaud, va falloir passer à la pratique

Remplis le sac à dos car on t'éjecte du cockpit

Sans saisir la métaphore, Oncle Picsou s'exécute

Croyant sauver sa gueule de porc en m'achetant comme une pute

Il me tend le sac plein, quarante kilos d'or en briques

Je lui dis : "garde-le ma gueule, c'est le tien" avec un petit air ironique

Dirige-toi vers la fenêtre que je viens de redécorer

Maow Airlines t'offre ton premier saut en parachute doré


[Couplet 4]

Là-dessus je libère la princesse et lui décerne une galoche

Je m'arrache avant que les poulagas ramènent leur ganache

Sur le parvis je troque la Breitling contre un bicross tuning

Je bifurque au grec, j'ai déjà torché tout mon planning

Un quart d'heure après, je me pose sur un banc parigot

Déglinguant mon sauce samouraï en observant les badauds

Là dessus une jeune fille d'à peine quarante piges me sourit

Je tape un clin d'oeil à Bibiche, le front plissé à la Bacri

En grand prince de la malbouffe, je lui propose de goûter mon 'dwich

Elle refuse et me confie que les grecs, c'est pas son kif

Mais que niveau culinaire, elle est bien plus branchée

Fraises, chantilly et champagne