Déjà vu

By SevK

Released on September 13, 2023

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D'humeur mélancolique je rouvre des portes condamnées

Et mes élans sentimentaux bondissent

J'omets les déconvenues qu'ils m'ont amenées

Si vite aveuglé quand leurs échos vrombissent

Coeur hypocondriaque qu'on dira trop spontané

Chante quand les notes et les mots combinent

Des romances il en aura consacrées

À celle que Verlaine aurait appelée Colombine

Les symbolеs ont pris le dessus et jе me résigne

Il est loin le temps où je chantais "querida"

Pourtant l'encre a fait perdurer ce récit

En ravivant la poussière de ses reliquats

Enfin me voici, fidèle au célibat

Souvent enclin à réfuter ce que les signes

Me disent à l'envi, mais inextricablement

S'entremêlent l'écume et le récif

Il furent longs, ces trois ans d'attente

À espérer le jour où l'on se reverrait

Mais cet horizon n'était qu'une évidence

Au doux parfum d'impatience et de rêverie

La délivrance s'offrit au printemps

Le temps d'une danse aux saveurs éphémères

Oscillant entre dithyrambe et réticence

Partageant encore la même espièglerie

Et comme au fil de la vie la mémoire s'effrite

J'écris pour ancrer mes souvenirs sur un parchemin

Inspiré par une chanson surannée

Mais dont je me dis que j'aurais pu être son auteur -

Ça fait : "On s'est aimés comme on se quitte

Tout simplement sans penser à demain"

Demeure un bouquet de roses qui refuse de faner

Et un vêtement prêté, imprégné de son odeur...

Trois heures du mat', j'écoute un Joe Dassin

Verse de l'alcool sur mes vieilles blessures

Je revois s'épouser nos bassins

Et nos jeux d'enfants sous la couverture

Une poignée de regrets téméraires

S'en viennent cavaler sur la mesure

Clamant qu'on se quitte comme on s'est aimés, ouais :

Incapables d'en être sûrs

Trois heures du mat', j'écoute un Joe Dassin

Verse de l'alcool sur mes vieilles blessures

Je revois s'épouser nos bassins

Et nos jeux d'enfants sous la couverture

Une poignée de regrets téméraires

S'en viennent cavaler sur la mesure

Clamant qu'on se quitte comme on s'est aimés, ouais :

Incapables d'en être sûrs

Bien souvent mon rap m'a soigné

Quand bien même ne l'écoutent qu'une poignée d'auditeurs

Je leur aurais volontiers épargné

Cet énième dernier coup d'œil dans le rétroviseur

Mais l'envie d'en parler encore s'accroissant

Je cède aux sirènes d'un poème spleenétique

Dont je tisse les fils de vers en la revoyant

En flash-back inévitables et frénétiques

Des ébats et des rires comme auparavant

Deux cœurs symétriques, que les cieux font battre -

En harmonie, lévitent nonchalamment

Au vent des ruelles vides de la butte Montmartre

Une décharge électrique dans ses yeux chatoyants

A ravivé mes illusions en un clin d'œil

Avant qu'on se quitte sans adieux larmoyants

Empreints de velléités d'enfin faire le deuil

La mémoire sélective n'a rien de cartésien ;

Persistent des images que j'ai gardées là

Et qui me rendent fébriles dans le regard des miens

Quand ma plume esquisse une danse de gardenias

Un absurde Amour au temps du corona

Jusque-là sans doute ma plus belle histoire

Un déjà vu de fou que la nature couronna

Jusqu'à rendre toutes les autres dérisoires

Que béni soit le jour où je chanterai la guérison

Mais je crois que le charme de l'hiver me parle

Le soir, enivrés des souvenirs que nous chérissons

C'est consciemment qu'on se tire vers le bas

D'ici à ce que ses raisins parviennent à véraison

Combien de temps mon cœur hibernera ?

Le proverbe martèlera qu'il a ses raisons

Et moi j'attends que les saisons prennent le pas

Trois heures du mat', j'écoute un Joe Dassin

Verse de l'alcool sur mes vieilles blessures

Je revois s'épouser nos bassins

Et nos jeux d'enfants sous la couverture

Une poignée de regrets téméraires

S'en viennent cavaler sur la mesure

Clamant qu'on se quitte comme on s'est aimés, ouais :

Incapables d'en être sûrs

Trois heures du mat', j'écoute un Joe Dassin

Verse de l'alcool sur mes vieilles blessures

Je revois s'épouser nos bassins

Et nos jeux d'enfants sous la couverture

Une poignée de regrets téméraires

S'en viennent cavaler sur la mesure

Clamant qu'on se quitte comme on s'est aimés, ouais :

Incapables d'en être sûrs