ENCORE

By SEMPE

On AAA

Released on January 1, 2014

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Je poserai cette lettre sur le marbre, au nom du fils, tu comprendras

Ces quelques phrases ensanglantées, que j’ai écrites, sans un espoir

Nos vies sont marquées de tes tares, ma sœur s’est perdue dans la neige

Honnêtement, je n’comprends pas, qu’t’aies pu nous priver de sommeil

On devait s’cacher avec M’man, fuyant folies et coups d’sang

T’avais pas l’droit de nous faire ça, à 2 piges, j’ai compté l’temps

Nuit et jour, j’vivais ce deuil, j’essayais d’épurer mon genre

On n’a jamais eu la même langue, j’en ai même effacé ton nom

J’ai eu cette vie que nombreux veulent, grandis dans une famille en or

J’sais que mes marques d’indifférence ont su améliorer mon sort

Ces cicatrices couvrent ma peau, et je les garderais à jamais

Merde, tes promesses et toi, je vous emmerde, relis mes textes

Je me questionne, à savoir, d’où viennent mes crises identitaires

Cette envie de tout détruire, brûlant nos vies dans ces cuillères

Dis moi franchement que tu regrettes, que tu pleures quand tu m’entends

Et qu’à travers tous tes mensonges, tu vois clair et te repends

Rappelles toi de ce jour là, quand tu m’as parlé de ta nuit

Notre rencontre d’après tes dires, t’avait empêché de dormir

Saches, qu’pendant 20 ans, j’ai vécu les pieds dans le vide

En refusant d’accepter ça, qu’un père ne veuille plus de son fils

J’ai fait les choix qu’il fallait, entre liens du cœur et liens du sang

Mon vrai père, j’le remercie, avec fierté, je porte son nom

A 4 ans, je lui ai dit que j’serais son petit garçon

Lui a su m’apprendre à aimer, pour moi l’amour à un prénom

Je ne te parle pas de ces instants, de ma joie, j’étais aux anges

J’me suis même pris à y croire et à y noircir mes pages blanches

J’ai eu des doutes, des faiblesses, j’ai du crier ma haine à Dieu

Mais à choisir, une autre vie, je n’l’aurais pas voulue sans eux

Mon fils ne te connaitra pas, mais il saura ce qu’est l’amour

Celui qu’un père peut et se doit, de donner à ceux qui l’entoure

J’ai pris mon temps pour tourner la page, reprendre ma route

La fin d’une vie écrite en marge, moi je l’ai tuée dans ma bouche

J’t’écris ces quelques lignes, dans le pourpre, afin de trouver le sommeil

Pour enfin passer à autre chose, finir de croire qu’on est pareil

J’aimerais savoir ce que ça fait de n’plus avoir le souffle coupé

Quand je m’endors avec la crainte de me voir mourir étouffé

Je n’sais même plus, si je te hais ou si je dois te remercier

De m’avoir permis par tes actes, de ne pas vivre à tes côtés

J’ai cette folie qui coule en moi, que je viens tuer dans ce titre

Cette violence marquée en gras, que mon caractère peut trahir

Je n’te reverrai surement pas avant ton dernier jour sur terre

Mais je viendrai te dire au revoir, pour enfin effacer tes gestes

Je sais qu’tes pleurs sont comédies, que théâtrales sont tes pièces

Sérieux, j’n’ai jamais voulu être un pion dans tes échecs

Dans tes rêves, relis le script, je n’figure pas au générique

Tu sais que chaque vie est un film, fantaisiste ou héroïque

Savoures donc ces dernières lignes, écrites à l’encre indélébile

Ecoute bien, je tue ma plume, que sa mort te soit risible