[Couplet Unique]
J'ai débranché les câbles et j'ai regardé le vide en face
Le silence est un monstre qui prend beaucoup trop de place
On a cherché la vitesse pour oublier qu'on tournait en rond
Maintenant le décor est terne et on s'habitue au béton
Je compte les heures perdues à simuler des trajectoires
À chercher des reflets de gloire au fond des écrans noirs
La réalité me rattrape avec la violence d'un coup de poing
Y'a plus de sauvegarde automatique quand on va trop loin
J'ai vu des amitiés s'éteindre pour des questions de principes
Des visages qui s'effacent quand la rancœur s'anticipe
On remplace les humains par des concepts ou des fantômes
Pendant que la solitude ronge les fondations de nos royaumes
Je regarde mes mains, elles ont la couleur de la poussière
J'ai brûlé les ponts, les cartes et la moitié de mes repères
On veut tous une couronne mais le trône est en plastique
Une parodie de pouvoir pour un public léthargique
Le cynisme m'a servi d'armure pendant des saisons entières
Mais même les plus grandes forteresses finissent par mordre la terre
J'ai troqué l'innocence contre un stylo et de l'encre noire
Pour cracher ma propre vérité dans le fond du couloir
Les projecteurs s'éteignent, les figurants quittent la scène
Il reste que le bruit de mon cœur qui pompe toute ma haine
On est des cobayes dociles pris au piège de l'engrenage
Qui attendent patiemment le prochain signal du carnage
Mais j'ai brisé les règles, j'ai réécrit la page final
Un dernier sursaut de conscience au milieu du signal
Le compteur affiche zéro, la partie est terminée
Je laisse les débris derrière moi, j'ai plus rien à prouver
Je coupe la fréquence, je m'efface de la matrice
Et je regarde l'empire s'effondrer sans le moindre indice