[Paroles de "Blanka"]
[Couplet 1 : N.O.S]
Igos m'demandent tous de l’aide (Tous de l'aide)
Mais moi, j'suis rien sans cette oseille (Cette oseille)
Je roule que la peuf me balaie (Me balaie)
Tordu, tordu par Corbeil (’beil)
J'ai peur un peu pour moi, beaucoup pour toi (Beaucoup pour toi)
J'essaie de m'adoucir mais l'humain m'rend noir
Il reste quelques gens biens, je garde espoir (Je garde espoir)
J'serais pas l'même sans les miens ou sans le noir
J’fais l’tour d'la pièce, la nuit, j’fais le tour d'la ville (Le tour d'la ville)
Une gourde, j'fais l’shlag quand cette putain d'vie m'ennuie
Et si cette vie n'est pas bonne, j'la baiserai pas
J'veux pas être comme le roi, j'vaux mieux que ça
Nerveux comme équipe sans liquide
Recherche du bonheur, j'm'enfonce dans le vide
Le temps passe sur ton visage, le chrono' m'fait mal au bide
J'vois l'monde un peu à l'envers
J'attire les putes blanches aux sentiments noirs
[Refrain : Ademo]
Tu connais, faudra pas déconner, c'est Adé' qui taquine (C'est Adé' qui taquine)
Coco joue pas l'kéké, humble comme Kaká (Comme Kakà)
Un peu survolté, un dos louche comme Blanka (Comme Blanka)
Sous jamaïca, sors un flow comme Sanka (Comme Sanka)
[Couplet 2 : Ademo]
J'mets ma casquette, elle m'rappellera toujours c'temps où j'tenais les murs
J'adoucis l'flow, l'regard si dur
J'me suis détruit, en construisant l'avenir des miens (L'avenir des miens)
J'me remets en question avec des larmes dans mon vin ( Dans mon vin )
J'disais : "Mon ombre, tu sais, tu devrais fuir" (Tu devrais fuir)
À croire qu'elle savait c'que j'deviendrai à l'av'nir (Eh-eh)
J'ai que des tics (Mmh), à l'odeur d'l'ar gent (J'comptais)
J'me cache, j'compte, j'cache, le cash dans la chambre (Dans la chambre)
Comme avant, comme demain ou comme avant-hier
Rien ne change à part que j'suis encore plus fier (Putain d'sa mère)
J'suis toujours gang (Gang, gang, gang, gang), à la trentaine, j'dis toujours "bang"
Elle s'rappelle de mon coup d'rein sur du Triple Chain Gang (Gang, gang, gang, gang)
J'suis serein dans ce corps en location (Dans ce corps en location)
J'suis à cent pour cent d'mes dix pour cent , époque œil pour œil et bouche sur gland
Et j'passe au vert en billets d'cent , l'cœur pas si blanc et j'prie pourtant (J'prie pourtant, j'prie pourtant)
J'souris, j'ai l'parfum du doré , y a très peu d'anges pour m'épauler (Pour m'épauler)
[Refrain : Ademo]
Tu connais, faudra pas déconner, c'est Adé' qui taquine (C'est Adé' qui taquine)
Coco joue pas l'kéké, humble comme Kaká (Comme Kakà)
Un peu survolté, un dos louche comme Blanka (Comme Blanka)
Sous jamaïca, sors un flow comme Sanka (Comme Sanka)
N.O.S nous dit dans ce passage que, depuis qu'ils sont entrés dans l’illégalité, Ademo et lui, il a peur pour lui-même mais encore plus pour son frère. Même si ce dernier est plus âgé, l’amour fraternel prend sûrement le dessus et N.O.S fait passer la sécurité de son frère avant la sienne.
On peut appuyer cette thèse avec un extrait du titre Deux frères de l'album éponyme :
J'ai aimé mon frère plus que ma vie, comme me l'a appris mon père
La « peuf » que roule N.O.S l’envoie tellement loin qu’elle le balaie sa race
Ademo utilise une opposition (allitérative) pour montrer que, pendant que les autres se ridiculisent en se vantant et en faisant les “kéké”, lui reste humble et modeste malgré son succès, comme le joueur de foot brésilien Kakà, très connu par sa modestie et son humilité, qui a un record exceptionnel d'un seul carton rouge en 7 ans.

Le mot “oseille” peut représenter l'argent et le succès.
N.O.S dit qu'il n'est rien sans cette oseille, c'est à dire que les gens ne lui prêteraient pas d'attention s'il n'avait pas d'argent et qu'il n'était pas connu.
Cette hypothèse rejoint l'exemple de la précédente phrase: les gens ne viendraient pas lui demander son aide s'il ne possédait ni l'argent ni le succès, ils profitent juste du fait que Nabil soit célèbre pour lui demander le plus possible.
Cette hypothèse est aussi applicable aux collaborations musicales : s'ils n'avaient pas eu un succès mondial, les autres rappeurs ne leur accorderaient aucune attention. Or maintenant qu'ils ont « percés », tous viennent leur demander de l'aide (ici, l'aide représente cette collaboration).
Ce comportement peut être observé chez certaines espèces animales, notamment chez certains oiseaux (comme la corneille), et est qualifié d'opportuniste.
Dans la religion musulmane, chaque personne est accompagnée d'anges scribes qui écrivent les bonnes et mauvaises actions humaines.
On considère qu'ils sont placés sur les épaules gauche (mauvaises actions) et droite (bonnes actions).
Outre ces deux anges, il en existe deux autres, un devant et un autre derrière un individu, qui le gardent et le protègent.
Ces anges se relaient le jour et la nuit et de ce fait, une personne est entourée par quatre anges le jour et quatre autres la nuit.
Ademo joue donc sur le mot “épauler” puisqu'il considère que les anges situés sur les épaules sont en sous nombre.
Référence à un morceau de Soulja Boy : “Triple Chain Gang”
Ademo en avait déjà fait référence dans Lion.
Dans la phrase “𝑠𝑖 𝑡𝑢 𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑝” Ademo fait référence à des personnes qui pourrait donner des informations à la police sur son “activité criminel” qui est le trafique de drogue. À la suite il dit “𝑐'𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑟𝑢𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑡'𝑎𝑏𝑖𝑚𝑒𝑠” il avertit les “snitchs” des répercutions en précisant qu'il vient de la rue et qu'il n'hésitera pas à se venger de façon violente. Le fait qu'il n'hésitera pas à y venir aux mains est accentué par l'expression “𝐵𝑎𝑡𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒𝑠” qui précise qu'il n'a pas peur des répercussions que pourrait avoir ces violences auprès de la justice.
Après un couplet rempli de paradoxes il en conclut en mentionnant qu'il attire des partenaires féminines dénuées de bonnes intentions, comme le souligne l'antithèse “blanches”/“noirs”.
On peut aussi penser que N.O.S attire l'attention des femmes blanches, grâce – ou à cause de – son succès alors qu'avant la musique il n'attirerait aucunes femmes et plus précisément les “putes blanches” qui, peut être, le méprisaient pour sa couleur de peau et son origine sociale. Ce qui n'est d'ailleurs pas pour déplaire à N.O.S puisque ce dernier dit préférer les femmes blondes dans le titre “Deux frères”.
Jamais les mêmes femmes : moi, c'était les belles blondes
Ademo parle du temps où il vendait de la drogue, les dealers sont souvent représentés avec une casquette et adossés aux murs en attendant les clients.

Le sourire à l'envers est mentionné dans plusieurs sons de PNL (“Gala Gala”, “Dans ta rue” et “J'suis QLF”), et symbolise la tristesse, et le fait de ne pas être heureux.
Ici au contraire, Ademo sourit. On peut supposer qu'il a donc eu ce qu'il voulait, de l'argent probablement. Le doré désigne peut-être l'or qui a la même couleur, une sorte de métonymie. Sa faim de mailler a donc disparu, il est heureux, il sourit.

Blanka est un personnage de jeu vidéo apparu pour la première fois dans Street Fighter II. Son pouvoir spécial est de créer de l'électricité avec son dos afin de repousser son adversaire. Cette capacité faisait de lui un personnage très spécial au début de la saga Street Fighter.
Seul survivant d'un accident d'avion qui l'a laissé seul dans la Forêt Amazonienne, Blanka a dû survivre et évoluer dans un environnement hostile à l'instar de Mowgli et Simba.

Blanka est mi-humain mi-animal, c'est le plus sauvage des personnages de Street Fighter. Ademo et N.O.S s'y assimilent selon cette bipolarité mais aussi selon son mystère.
On peut aussi comprendre que les deux frères ont opté pour la bestialité pour s'en sortir face aux épreuves et aux combats qu'ils ont rencontré dans la rue.
Dans la phrase “𝑠𝑖 𝑡𝑢 𝑝𝑎𝑟𝑙𝑒𝑠 𝑡𝑟𝑜𝑝” Ademo fait référence à des personnes qui pourrait donner des informations à la police sur son “activité criminel” qui est le trafique de drogue. À la suite il dit “𝑐'𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑟𝑢𝑒 𝑞𝑢𝑖 𝑡'𝑎𝑏𝑖𝑚𝑒𝑠” il avertit les “snitchs” des répercutions en précisant qu'il vient de la rue et qu'il n'hésitera pas à se venger de façon violente. Le fait qu'il n'hésitera pas à y venir aux mains est accentué par l'expression “𝐵𝑎𝑡𝑠 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒𝑠” qui précise qu'il n'a pas peur des répercussions que pourrait avoir ces violences auprès de la justice.
Une référence au 11 ème titre “Recherche du bonheur” de leur E.P Que la famille où ils expliquent que le bonheur est lié à l'argent. Ici N.O.S nous dit, qu'à force de chercher le bonheur via une course effrénée au profit, il risque de plonger dans l'inconnu et risque ainsi de perdre son identité comme il le dit dans “Au DD”

Référence à plusieurs phrases notamment :
Alors j’fais l’tour de la ville, j’rêve de la tonne, j’fais le kil’ Tempête – 2015
La street c'est fou, j'fais le tour de la ville Onizuka
Comme Yakuza, comme GTO Onizuka – 2016
Il y a une opposition entre intérieur/extérieur avec “la pièce” et “la ville”.
La journée N.O.S tourne en rond chez lui, comme si il était enfermé alors que la nuit il se libère, et fait le tour de la ville. comme il l'indique sur Au DD :
Référence à la loi du Talion “Œil pour œil, dent pour dent”. Ademo modifie cette expression pour finir par “bouche sur gland” pour parler de ceux qui le sucent juste pour le bénéfice.
Senka Coffie est un personnage Jamaïcain joué par Doug E. Doug dans le film Rasta Rocket sortie en 1994.
Sanka est un bon vivant insouciant, possédant des royales rasta dreadlocks, sept fois champion de push cart.
Ademo précise être sous effets de la consommation de drogue douce et qu'il sort donc un flow comme ce personnage.

Contrairement à son frère (au moment de la sortie de l'album), Ademo a déjà la trentaine, et ce depuis la parution de leur dernier album Dans la légende.
On comprend donc que le grand frère a eu le temps de goûter à la trentaine et de mûrir, mais malgré tout cela et l'attente depuis le dernier album qui laissa des doutes autour de PNL, Ademo dit toujours “bang” : une onomatopée associée aux rappeurs mais particulièrement à PNL et Ademo lui-même, spécialiste en onomatopées dans ses sons.
N.O.S essaie d'être la meilleure personne possible, mais il sent que certaines personnes de son entourage le tirent vers le bas. Néanmoins il garde espoir, pensant que de bonnes personnes existent toujours.
Ademo montre ici son enrichissement. En effet, dans sa vie passée de dealer, il avait plutôt affaire à des billets de 10 (rouges) et de 20 euros (bleus). Tandis que grâce à son succès dans la musique, ses billets sont devenu verts, soit la couleur des billets de cent euros. D'ailleurs, ce changement était déjà relevé par son frère N.O.S dans le morceau Naha, de l'album Dans la légende ;
Les billets bleus sont devenus violets
Les rouges sont devenus verts
Aussi, l'expression « billet vert » constitue un surnom souvent utilisé pour qualifier le dollar américain. Cette phrase montre donc également l'ambition internationale du duo et leur conquête du Monde, comme ils le disaient déjà 4 ans auparavant dans l'album Le Monde Chico et notamment dans le morceau Le M ;
On veut notre coin d'herbe on veut la planète Terre
On veut le monde Chico
D'autant que le verbe “passer” montre que cette conquête est en train de se réaliser : le duo attire le regard du monde entier. Sur Twitter, les deux frères s'amusent par exemple, à partager des articles sur eux venus des Pays-Bas, de Suède, d’Espagne, d’Allemagne, du Japon, du Canada, d’Italie ou encore des États-Unis. Ils ont notamment attiré les regards du magazine Clash (UK), qui les qualifient « d’icônes du rap français » (article ici), de The Fader (USA), qui leur a déjà consacré une interview exclusive en 2016 à l’occasion de la sortie de l’album Le Monde ou Rien (Interview ici) ou encore de Billboard, le magazine américain de référence de l’industrie musicale, qui les plaçait la semaine du 1er avril 2019 à la 10ème place du Social 50, qui recense chaque semaine les artistes les plus populaires sur les réseaux sociaux et les plateformes d’écoute ;
Le “passage au vert” peut aussi être assimilé à l'image d'un feu de circulation qui passe au vert : les “barrières” qui empêchaient les deux frères d'avancer et de faire ce qu'ils voulaient ont été levé avec leurs succès.
Selon l'Islam, la religion pratiquée par les deux frères, le corps de l'humain ne lui appartient pas mais appartient plutôt à Allah.
Donc ici Ademo, nous dit qu'il n'est agité par aucun problème, car un jour il mourra et il ne restera pas longtemps dans son corps.
Kaaris, musulman également, avait aussi utilisé cette image 6 ans auparavant :
J'suis locataire, Dieu est le bailleur
Mais le mal nous nourrit plus que le labeur Kaaris – À l'heure – 2013
Possible référence au dessin animé de Walt Disney Peter Pan où l'ombre du héros a sa propre conscience et essaye souvent de prendre la fuite.

L'analogie entre lui et ce personnage qui ne veut pas grandir renforce cette peur du temps qui passe, présente dans le reste de l'album.
Ademo fait ici une prosopopée : il anime son ombre d'une intention, celle d'être resté à ses côtés à travers le temps. Il lui aurait de le fuir tellement il était peu fréquentable. Cependant cette derrière est restée collée à lui, comme si elle savait qu'il allait autant évoluer.