Elle le regarde, tout en baissant les yeux, se rappelant ces jeux

Pourtant si simples, rendus magnifiques par l’amour lorsque à deux

On prend la vie comme un cadeau, l’idylle reste l’avis d’ados

Pensant que la joie est leur dada, face à elle ne sont que badauds

Mis à dos, par les années usée, dépit routinier

Quand rien ne va plus sur le radeau, un seul répit sе mutiner

C’est au dîner qu’еlle lui l’annonce : « Chéri je veux divorcer »

Une fois de plus la vie l’enfonce, mais ce coup-ci c’est trop corsé

Hors ces mots provoquèrent en lui de bien drôles d’idées

La vision d’un corps sur un lit, nu, de son sang vidé

Il vie des images que lui donnent ses paires à l’école de la vie

Un boulot une femme, des gosses, c’est bien mon fils t’iras au paradis

Mais c’est fini, tout fut si dur à construire

Qui est elle pour s’enfuir ? Sa haine reste trop dur à transcrire

Tant de cris et de douleur passés sous silence, il fut

Pour sa femme un looser et pour ses gosses un trou du cul !

Du coup ce n’est plus la haine qui l’emplit, de sa déviance pleinement conscient

Il repense à sa fille qu’il aimait tant, suicidée à l’âge de 12 ans

Emportant avec elle leur terrible secret

Et dans ses rêves post-mortem c’est du sperme qu’il sécrète

Ses craintes de récidive firent de lui un animal frustré

Trop dur à vivre que de naviguer sur le net juste pour se lustrer

Devant des gamines enchaînées, la chatte en sang car vos paires encensent

Le sexe comme délivrance, quitte à pousser à la démence !

Et ça s’entasse pire qu’à Tetris à une vitesse vertigineuse

Le vice se mêle au triste, la mort comme unique enseigne lumineuse

Au milieu de ce conte macabre deux gosses jouent innocemment

Ignorant ce qui les attend, partant se promener mais ce coup-ci sans maman !

Main dans la main, ils suivent leur père dans la voiture

Quel drôle de chemin, aucun repère, ils se perdent dans la nature

Plus de peine dans l’armature, la folie maintenant mature

La pureté jetée en pâture à l’existence maculature

Bien avant que le sang le macule, aucun précédent calcul

C’est cette vie lacune, la lassitude qui à cette fin l’accule

D’éducation ridicule, baignée dans la chrétienté

De journalières lectures d’un mère fanatique de sa sainteté

Mathématique de l’interdit, versets bibliques sans cesse rabâchés

Un coup de trique tout est dit, esprit aux œillères sans cesse cravaché !

Puis le temps a passé, malgré les coups qu’elle put porter

C’est un culte qu’il lui portait ainsi qu’à ce qu’elle put colporter

Pensées de haute portée, dictées au moment opportun

Mais mal interprété, heurtant tous ses délires enfantins

Indifférence en fond de teint, il est aujourd’hui impuissant

Au tout-puissant noua son destin, qui fut échec cuisant

Épuisant son être, sa vie sentimentale devint la cible

Encore quelques mètres et ça sera la fin de cette vie impossible

Impassible, il tua ses enfants puis s’explosa le tarin

Son corps s’écrasa sur le sol mais pour une fois le visage serein