Bâton vanille

By Phanee de Pool

Released on January 1, 2018

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Tourne tourne le disque dans ma tête

Si le vacarme avait une mélodie ce serait celle-ci

Parle parle mes pensées muettes

Qui s'évadent de ma bouche comme une fumée de cigarette

Danse danse sans un bruit

Jambes en coton bâton vanille

Marche marche dans le bois

Dans la prairie bâton chocolat

Allez grave grave grave mon nom

Sur l'écorce écorchée d'un arbre ou d'un buisson

Presse presse comme en écrivant le tien

Au feutre permanent sous le plus gauche de mes deux seins

Touche touche du bout des doigts

La mousse mousse aussi douce que la soie

Passe passe ta main dans mon courage

Aussi volage que ton parfum dans mes draps

J'aimerai que tu ne me laches pas d'une nuit

Que tes semelles emboitent le pas de mon ombre

Que tu tires aussi vite que tombe la pluie

Que tu restes figé là à me regarder fondre

J'aimerai que tes mouvements portent mes cavales

Que ta bouche lentement dévore mon épiderme

Qu'on enferme le temps dans un boitier en métal

Et que chaque jour se transforme en contrat à long terme

Dormons dormons dans les champs de tournesol

Quand les jours se changent en nuit

Que les abeilles deviennent lucioles

Rêvons rêvons rêvons éveillés

Car c'est avec les yeux fermés que trépasse la réalité

Ne bouge plus regarde moi

Me mettre à nuit me mettre à plat

Bête sauvage teint porcelaine

J'ai un peu froid pelage de reine

Gronde gronde le souffle du tonnerre

Plonge ton regard dans l'oeil du cyclone

Frappent frappent frappent les éclairs

Qui ricochent sur les cimes de la couche d'ozone

Flotte flotte dans la rivière

La dépouille de ton coeur de pierre

Coule coule mes chimères

Enfermées dans une bouteille jetée à la mer

J'aimerai que tu ne me laches pas d'une nuit

Que tes semelles emboitent le pas de mon ombre

Que tu tires aussi vite que tombe la pluie

Que tu restes figé là à me regarder fondre

J'aimerai que tes mouvements portent mes cavales

Que ta bouche lentement dévore mon épiderme

Qu'on enferme le temps dans un boitier en métal

Et que chaque jour se transforme en contrat à long terme

Tu es l'année sans les saisons

Le piano sans le clavier

Tu es le toit sans la maison

Tu es l'échec sans le damier

Tu es l'avion sans le pilote

La balle sans pistolet

La portée sans les notes

Tu es le voeu sans le souhait

Tu es la veine sans le sang

Le sourire sans les dents

Les poumons sans oxygène

Tu es le taulard sans les chaines

Tu es le café sans la tasse

Le pédigrée sans la race

Tu es l'album sans les photos

Tu es le cri sans l'écho

Tu es la tulipe sans pétales

Le grenier sans poussières

Le sud sans les cigales

Tu es le repas sans dessert

Tu es la fontaine sans la fable

L'écrivain sans la plume

Le crime sans le coupable

Tu es la musique sans volume

Tu es l'enveloppe sans le timbre

La bougie sans la mèche

Le tableau sans le peintre

Tu es le coeur sans la flèche

J'aimerai que tu ne me laches pas d'une nuit

Que tes semelles emboitent le pas de mon ombre

Que tu tires aussi vite que tombe la pluie

Que tu restes figé là à me regarder fondre

J'aimerai que tes mouvements portent mes cavales

Que ta bouche lentement dévore mon épiderme

Qu'on enferme le temps dans un boitier en métal

Et que chaque jour se transforme en contrat à long terme