Quand tu regardes autour de toi, il te vient pas l'impression

Que t'es tout seul à te tourmenter avec tes vieilles équations?

Tes chums sont souriants, découvrent Dieu, font leur argent

Pis toi tu te casses la tête, t'es toujours down puis exigeant

Mais la réalité t'arrive en shrapnel sur le corps

Violence en particules éparpillées dans tes souliers

Où est le lien, tu comprends plus comment qu'on sort

Pourquoi les gens ce soir sont si hostiles et pétrifiés?

Dans le soir des métropoles, je retrouve la magie pour une heure

Sous la surface de la vie, sous le volcan, je cherche un cœur

Grognements de cuivres en tierces descendantes

Je m'installe pour la bataille et puis je m'enligne pour ma pitance

T'as le rock irréductible, tu te promènes les yeux au ciel

T'as la nostalgie de l'avenir puis le désespoir à temps partiel

Chausse ta guitare, mets ton piano, perds pas ton temps

Tu voudrais faire l'indépendance à chaque instant

T'as le cœur insurgé

Et « le dur désir de durer »

Un jour nous serons nus au soleil

Et ce jour, cette chanson n'aura plus de sens

T'as le corps affamé

Et tu brûles tes meilleures années

Tu te crois le prince des aurores

Et tu rêves encore...

Les aventuriers qui restent sont mercenaires ou psychopathes

Couverts de cloches en fer, ils poursuivent leurs chimères

Moi je fais du neuf à cinq, j'vois dans ma job imaginaire

La musique insultée, l'amour fou traîné dans la boue

Les années sont tranquilles, l'Amérique est silencieuse

Jeunesse organisée et bienheureuse

Ça médite en disco, ça pédale jusqu'au bureau

Moi j'ai le teint vert des insomnies pis le pot de bière héréditaire

Ici les voitures ont des reflets sous les néons

Les rues sont comme des veines, on n'a pas l'heure ni la saison

Elles ont seize ou dix-sept ans, elles te regardent les yeux brûlants

C'est comme un gouffre luxueux, j'voudrais déchirer leurs vêtements

Make it funky! Ça fait bien trop longtemps que j'ai pas dansé

Je paranouille dans la carapace, je passe ma vie à trop penser

Le monde est une femme qui m'appelle à l'abandon

En bourrasques de bonheur, en irrésistibles chansons

T'as les jambes en autoroute, sous ton ventre coule la fontaine

Ça révolutionne ta peau pis ça fait briser ton haleine

Il fait chaud, faut qu'on bouge, j'ai le billet Paris-vin rouge

Los Angeles-amyl-nitrate, New York-amphétamines

Aujourd'hui les capitales s'écroulent en ruines

Aujourd'hui mon cri de guerre c'est: « Joue plus fort! »

Aujourd'hui le centre du monde est dans ton corps

Aujourd'hui ma capitale, c'est ton sourire

T'as le cœur insurgé

Et « le dur désir de durer »

Un jour nous serons nus au soleil

Et ce jour, cette chanson n'aura plus de sens

T'as le corps affamé

Et tu brûles tes meilleures années

Tu te crois le prince des aurores

Et tu rêves encore