Released on March 8, 2018

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[Intro]

Je crois que je n’ai jamais été aussi en colère et aussi triste qu’en ce moment

Moi le descendant d’esclave dont les ancêtres furent déportés d’Africa

Pour être des bêtes de somme dans le nouveau monde

Je découvre qu’en ce début de XXIème siècle, en cette fin d’année 2017

Je découvre qu’en Libye, ce quе nous redoutions après les accords passés entrе les uns et les autres

Qu’en Libye, on est en train de vendre des africains


[Couplet 1 : Noir Libre]

Paix aux endurants, là c’est ce que j’ai envie de te dire, la paix à ceux qui luttent avec leur calme

Qui font le ménage autour d’eux, entretiennent leurs âmes

Petite les écoute pas ils radotent leur mère, ils font des disques mais ne savent pas comment se taire

On fait des mouvements du nord au sud

La solitude c’est éprouvant, je lutte en rimant comme Maya

J’ai fait ce qu’il faut pour rester debout

Eloigne-toi de ma musique si tu vis des tourments, tu te sentiras pas mieux après

Aucune révérence pour les lâches

Tu veux cacher quelque chose à un noir mets-le derrière un livre, ils savent de quoi ça nous prive

J’ai des références noires dans la littérature, mon patrimoine les fait ruminer

Ils nous avilissent avec des promesses, nos ambitions les font transpirer

Tu fais comme tu veux si tu préfères les autres

Moi j’suis comme Azou, j’couvre mes plaies quand j’en ai trop

L’histoire se souviendra des perdants parce que

C’est toujours ceux qu’on humilie qui se vengent, c’est le diable qui leur murmure le sang

Les traitres dévoilent les secrets, pour détester son frère faut être birman

Y’a pas d’amour sans hate, d’amitié sans trahison, dans l’affect y’a une faiblesse

Faut rester isolé selon les cheminements de Raza Ali, y’a du poison dans la mauvaise compagnie

Paix aux endurants qui accompagneront ma sépulture

Bientôt j’ramène Salim au Garden, j’recherche l’alliance parfaite dans la sonorité

J’découpe le track comme du sogo à la Korité

J’ai pas misé sur l’Homme, c’est pour ça que j’en ai deux quand j’me lève

J’suis un cran au-dessus les autres n’y sont pas, un sport de chant ils ont en fait un sport de chambre

Bande de vendus, les principes disparaissent comme la fumée du blunt

Jolie t’es heurtée, ton bonhomme t’a dit il te laissera pas la clé de son cœur

Mais de lui laisser la porte ouverte de ton sexe à l’heure tardive

J’ai la peau foncée j’redoute les bavures, être un mauvais flic c’est une maladie

Je sais que tu vois lyrics comme un hiéroglyphe, j’essaye pourtant de te rendre le français accessible

Si t’as du mal à cerner mon rap c’est que t’es pas concerné

Issu d’un autre univers les mensonges circulent jusqu’à Copenhague

Attentat à Madrid une série noire Sofia Coppola

Mais qui finance le silence à Ouaga interroge le consulat

Les plus téméraires sont bâillonnés, les rappeurs flokos tournent à mort

C’est dans les chichas qu’ils s’inspirent les mains salies par la drogue

J’ai pas le noma, j’vis pas la misère du Nord-Kivu

Juste quelques erreurs le cœur est penché, ma confiance mise à mal par quelques négros

J’suis naïf parce que, les fluteurs sont trop nombreux, faut la camisole pour s’isoler

Un tasbih une boussole j’regarde les yeux de mes filles quand j’me sens seul

Ca me redonne du mordant

C’est dur ton grand frère s’est rangé, maintenant faut que tu fasses le mur

Le Biafra c’est des souvenirs macabres, pourtant aujourd’hui qui t’en parle

On s’enterre pas seul kitoko, j’sais plus quoi penser

L’entente entre les nôtres c’est une utopie

Ici j’vois pas de leader, juste des falsh copies

Bienvenue aux arrivants, ils s’agit de s’oublier de baisser la tête et de tousser

Quoi de pire pour un homme qui tient pas debout

J’ai mis de côté l’artistique pour soigner ma sépulture et j’en vois pas le bout

Oui camarade, c’est l’anarchie depuis qu’on a quitté le cartable

Vie d’adulte sacrifiée, faut pas se trouer sinon tu finis à boire le calice jusqu’à la lie

Bandeuse capitaliste, embrasse ta mère qui t’a fait naitre sans anomalie

Les épaules en ruine à force de porter la douleur de mon peuple

Ils parlent de faire du sale alors que c’est leur nom de famille qu’ils salissent

On achète des téléphones plus chers que nos loyers

Ça aggravera pas le trou de la sécu, que les trous de balle continuent d’aboyer

J’essaye de prendre de la hauteur, j’ai appris là où ça fait mal et j’suis pas un docteur

J’témoigne pour XXX et XXX

Toutes les blessures ne cicatrisent pas

Les grands discours ne sont que des postures

J’arrive plus à rire avec ces donneurs de leçons qui mettent pas un pied devant l’autre

J’suis dans la prestance comme les pasteurs, mais sans les salades

Dis-moi comment s’évader sans la salat, j’suis preneur

Moi j’suis qu’un penseur, comme Sembène Ousmane ou Martin Luther

Noir Libre


[Couplet 2 : Lalcko]

Homme libre, homme noir, homme libre

Les billets de banque sont certifiés mais ce sont les hommes qui sont faux… ou vrais

J’me permets de t’en parler avec beaucoup de recul… et peut-être un peu d’expérience mon négro

J’me présente j’suis Lalcko, ma mère m’a accouché à Rennes

On m’a connu dans le rap, entre Rouen et Créteil

J’suis un négro camer, de la tribu des Bassa, dans le clan Babimbi, arrondissement de Ndom

Dans la famille des N’domben, la case XXX, j’suis le petit-fils de Massok, le père de Louka

Je m’appelle moi-même jMassok, je suis mon grand-père, le fameux charpentier

Mon pelage est ébène j’fais mon cinéma comme Sembène

Ousmane Badara est gang, il voulait vraiment changer le game

Parfois j’me dis que j’ai trop de cravates et qu’on se nourrit pas de chemises

J’ai mis beaucoup trop de savates mais les lascars n’ont pas de terre promise

Avant vous vous moquiez de mon accent maintenant vous vendez millions de disques avec

Vous dansez XXX complètement sorti du contexte

Déguisés en clowns dans des discothèques vous êtes un quart de siècle abjecte

Les prémices d’une coulée de merde

Non pas que j’sois le seul mais bien sur je suis le pur, j’investis en Afrique, j’connais plus la ur

Parfois ce qui est nouveau est bon mais vous déguisez des vieilles putes

Laissez la nouvelle génération vivre à fond son truc

J’les entend déjà dire que j’en veux à des noirs

Que j’tire sur un frère il meurt s’endort alors que c’est pas le soir

Beaucoup de préjugés son restés collés sur ma tête, comme des nattes sur la tête de ma sœur

Certains ne sont pas nos frères un jour tu feras le bilan

On a joué sous infiltration comme Eto’o du Milan


[Refrain]

Seul au fond de trou écoute cette soul

Celle des hommes qui minimisent les hommes

Seul au fond de trou écoute cette soul

Celle des hommes qui minimisent les hommes

Seul au fond de mon trou j’écouterai cette soul

Celle des hommes minimisés par l’homme

Seul au fond de mon trou j’écouterai cette soul

Celle des hommes combattus par les hommes