Released on 2012

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[Couplet 1]

Un kebab sauce blanche, algérienne sur les frites

Quelques jeunes du quartier m’esquivent des boulettes s’effritent

Derrière un mur sale une fumée s’échappe

Au premier étage, un couple éclate, la vaisselle, j’vois voler des sapes

Les éboueurs passent, Salam alekoum entre parias

Monnaie propre et habits sales, habits propres et argent sales

J’vis dans les zones abyssales et haïssables

Pas de Jean-Pierre ici, tu parles à Houssa et à Issam

Je sais notre vie ressemble à une boucle de piano triste

Paire de Nike, casquettes, iPod c’est la panoplie

J’ai tellement tenu les murs que j’ai la vertébrale oblique

Certains remplissent le frigo grâce à quelques barreaux d’shit

Ça mange d’la drogue, l’héro fait des ravages

Les toxicos aux mains gonflées me font pèter la valve

Harcèlent pour du produit, même quand t’es un mec propre, honnête

On a des grands problèmes, vivement qu’on rentre au bled

Mal au cœur quand j’les vois partir au poker au casino

Pendant qu’j’écris des 32, investis dans la Tassimo

Mon ami d’enfance sort de l’usine, il a déjà six mômes

Et moi j’ai pas tenu deux jours à faire livreur chez Maximo

T’oses pas aller chez ton pote, t’as une chaussette trouée

À chaque fois que tu mates ton bloc tu te sens comme écroué

Sommes-nous victimes, ou sauvés d’un milieu pire ?

Punis mais pas bannis, en somme j’suis venu le dire


[Refrain]

On fait notre vie sur une partition triste

J’suis désolé d’vous partager ma vision grise

Sur un tas d’immondices, j’t’ai pas dit mon fils

J’cherche encore les clés d’la vertu dans ma prison de vices

On fait notre vie sur une partition triste

J’suis désolé d’vous partager ma vision grise

Sur un tas d’immondices, j’t’ai pas dit mon fils

J’cherche encore les clés d’la vertu dans ma prison de vices


[Couplet 2]

On s’lève au gré des faits diver, tache de café sur un quotidien

Même ton voisin, ton poto peut faire les gros titres, hein ?

Sois pas trop émotif, ni même dans l’ego trip

Derrière les gros types arrogants se cache bien des maux tristes

Les darons du foyer vont gratter des clopes

Tu repenses aux belles années, quand tu vannais tes profs

Avant d’avaler des drogues, puis les balais, les brosses

Tu rêves de quitter la rue car t’as vu caner des proches

Les yeux brulés par le sel, t’as jamais vu la mer, la montagne

Et moi j’suis triste quand j’repars de Sète

Un week-end chez moi peut valoir une vie en enfer

Si t’as peur de tomber dans le vice, soit content si on t’enferme

J’aime regarder d’la fenêtre comme si j’étais en sécurité

Je sais qu’après chaque prière, quelque part on s’est purifié

Si t’as réussi te la raconte pas

T’as réussi que socialement si t’es un patron de bar

J’ai grandi entre les schlags et les filles-mères

Les drames et les vipères, les frasques et les mis-per falsch

Désabusé quand j’vous vois avec des slips Versace

Des pulls roses, des slim et t’appelles ca tes plus belles sapes ?

Amour et haine se mêlent, nous mettent des coups d’semelle

On parle de nos motivations, mais elles ont toutes sommeil

Sommes-nous victimes ou sauvés d’un milieu pire ?

Punis mais pas bannis, en somme j’suis venu le dire


[Refrain]

On fait notre vie sur une partition triste

J’suis désolé d’vous partager ma vision grise

Sur un tas d’immondices, j’t’ai pas dit mon fils

J’cherche encore les clés d’la vertu dans ma prison de vices

On fait notre vie sur une partition triste

J’suis désolé d’vous partager ma vision grise

Sur un tas d’immondices, j’t’ai pas dit mon fils

J’cherche encore les clés d’la vertu dans ma prison de vices


[Couplet 3]

J’voulais vous dire à quel point j’vous aime et vous déteste

Les villes nouvelles et toutes les tess

Au fond j’m'en tape si mon couplet découpe des têtes

Sachez que pour eux on est qu’des sous-hommes, des bouts d’metèques

Et j’pousse mes textes au martyr artistique

Sapristi, j’ai faussé toutes leurs statistiques

J’habite à Metz, ici on marche sur un fil avec des après ski

Si t’as un peu de chaleur dans ton cœur on t’apprécie

Les p’tits haineux vous avez quelque chose qui m’émeus

Un mal-être viscéral, qui souvent vous pique les yeux

Même trop d’lâcheté et j’t’envoie une cass-dé

Toi qui balance ton frère pour acheter un full HD

L’homme est de fer matériel même le fer a plus de cœur

Les frères abusent de sœurs et les mères ont justes peur

Pour leur ptit fiston squatteur de hall gîtés

Peur de voir le petit au JT, plein d’animosité

On a d’ces maladies communes dans les villes

On crève à l’usine dans l’nord, au sud on s’tue dans les vignes

Puis c’est la rue et sa rengaine, une fois épuisé ça part en guerre

C’est le fruit d’une rancœur à part entière

Aimez-vous les uns les autres parait-il

J’vois pas d’amour ici, pour mes khos d’Palestine

Si en France la vie est dure, là-bas la vie n’est plus

Dis-moi tu préfères la mort ou la maladie des murs ?

On rêve d’arriver aux portes du paradis, émus

Partagé entre les deux forces d’une âme vile et pure

Mais là, ça vend la poudre aux yeux ou la poudre au nez

Les clés d’un jardin fané dans c’monde goudronné

D’un commerçant à l’autre je vois les vices du mal

Seule différence c’est qu’le dealer n’ouvre pas à 10 du mat’

Courage. Sommes-nous victimes ou sauvés d’un milieu pire ?

Punis mais pas bannis, en somme j’suis venu le dire