[Refrain]

Et tu vois comme le ciel est sombre

Et tu vois comme s’allonge ton ombre

Le grand nuage que voilà, et bien, tu vois, il attendra


Car il a fait sa part du boulot pour une petite part du gâteau

Il traîne la patte sur son chemin, le bâton à la main

L’homme au canif bien affuté pour partager le pain

Et toujours un peu fatigué mais il dormira mieux demain

Sans parler de grasses matinées, et ni de vacances au sommeil

Ils n’auront pas sa dignité, lui, tant qu’il veille


[Refrain]

Et tu vois comme le ciel est sombre

Et tu vois comme s’allonge ton ombre

Le grand nuage que voilà, et bien, tu vois, il attendra


Que lui finisse son assiette, et qui, les mains à la cuisine

A la cuisine toujours prête, le cœur au régime

Il a vu dans ses yeux marron que c’était la femme de sa mort

La maman de son grand garçon, il n’a pas eu tort

Devoir de femme ou marque d’affection, quand le doute se verse et la goutte s’efface

C’est la vie droite comme deux sillons pour seule trace


[Refrain]

Et tu vois comme le ciel est sombre

Et tu vois comme s’allonge ton ombre

Le grand nuage que voilà, et bien, tu vois, il attendra

Qu’on brûle le grand cerisier pour passer le dernier décembre

Tous ces après-midi d’été, réduits en cendre

Et même s’il lui manque des dents, il a le sourire vrai

Il a le verbe juste quand il ne se tait

L’homme qui pisse le nez au ciel, quand d’autres regardent leurs pieds

Et comme la vie peut être belle quand elle s’y met


Si sa langue s’endort doucement, sa tête s’éveille au passé

Ses pas rétrécissent tant et tant que l’homme se tait


[Refrain]

Et tu vois comme le ciel est sombre

Et tu vois comme s’allonge ton ombre

Le grand nuage que voilà, et bien, tu vois, il attendra


Oh, la vie ne sait pas dire merci, il a compris, tant pis

Il a regardé en arrière, comme d’habitude, sans avoir l’air