Released on March 31, 1983
[Paroles de "Galaxy song (French Version)"]
[Intro]
Whenever life gets you down, Mrs. Brown
And people are stupid obnoxious or daft
And you feel that you've had quite enough
[Couplet 1]
Just remember that you're standing on a planet that's evolving
And revolving at nine hundred miles an hour
That's orbiting at nineteen miles a second, so it's reckoned
A sun that is the source of all our power
The sun and you and me and all the stars that we can see
Are moving at a million miles a day
In an outer spiral arm, at forty thousand miles an hour
Of the galaxy we call the 'Milky Way'
[Couplet 2]
Our galaxy itself contains a hundred billion stars
It's a hundred thousand light years side to side
It bulges in the middle, sixteen thousand light years thick
But out by us, it's just three thousand light years wide
We're thirty thousand light years from galactic central point
We go 'round every two hundred million years
And our galaxy is only one of millions of billions
In this amazing and expanding universe
[Pont : instrumental]
[Couplet 3]
The universe itself keeps on expanding and expanding
In all of the directions it can whizz
As fast as it can go, at the speed of light, you know
Twelve million miles a minute, and that's the fastest speed there is
[Outro]
So remember, when you're feeling very small and insecure
How amazingly unlikely is your birth
And pray that there's intelligent life somewhere up in space
Elle fait 100 000 années-lumière d'un bord à l'autre
Valeur tout à fait exacte ce coup-ci, exprimée de plus en des unités courantes du Système Astronomique d'Unité, au lieu du système d'unités impériales britannique.
Cette valeur peut se traduire en une distance plus intelligible du système métrique (bien qu'impossible à appréhender) d'environ 946 millions de milliards de kilomètres.
Cela revient à 23 608 milliards de fois le tour du monde, ou encore 353 milliers de fois la distance la plus grande à laquelle l'humanité à jamais envoyé un objet dans l'espace, il s'agit de la sonde Voyager 1 qui en mai 2016 se trouvait à 134 Unité Astronomiques de la Terre, soit 134 fois la distance Terre-Soleil.
Et notre galaxie n'est qu'une parmi des millions de milliards
Une des rares surestimations de la chanson puisqu'actuellement on estime plutôt cette valeur à quelques milliers de milliards. Toutefois, c'est une valeur qui augmente régulièrement avec l'amélioration des techniques, l'univers lointain étant mal connu et difficilement accessible car peu d'informations nous en parviennent. Il n'y a donc rien d'aberrant à parler de millions de milliards, aucun plafond ne peut être supposé pour cette donnée.
Rappelez-vous simplement que vous êtes debout sur une planète qui évolue
Et tourne à 900 milles par heure
Traduite en unité du Système International, cette vitesse revient à environ 1 450 km/h. L'ordre de grandeur est correct, mais c'est une légère sous estimation, la vitesse de la surface terrestre à l'équateur est plutôt à proximité de 1 675 km/h.
Il serait plus tentant de supposer que le narrateur utilise en vérité le mille marin (nautical mile) au lieu du mille terrestre, car le mille marin est nettement plus long, et cela reviendrait à une valeur de 1 667 km/h, bien plus proche de la valeur réelle.
Un soleil qui est la source de toute notre énergie
Le soleil transmet énormément d’énergie à la terre, environ 1360 Watt par mètre carré, cette valeur est la constante solaire. Cette énergie est à l'origine de la totalité des mouvements de l'atmosphère et de l'hydrosphère (autrement dit, le climat sur terre). cela implique donc qu'on doit au soleil notre énergie éolienne, l’énergie des barrages hydro-électriques et bien entendu l’énergie solaire.
On pourrait même considérer à l'extrême limite que le soleil est un acteur majeur de la photosynthèse, et donc du développement de la vie sur terre. On lui attribuerait alors aussi le mérite des énergies fossiles que sont le pétrole, le gaz et le charbon, ainsi que celle du bois de chauffage.
Mais certaines sources importantes d’énergie restent indépendantes du soleil, c'est le cas de la géothermie (chaleur issue du sous-sol), de l’énergie nucléaire, ou de l'énergie marémotrice (qui capte à travers les marées l'énergie de l'inertie de la lune).
Dans le bras spiral externe, à 40 000 milles par heure
D'une galaxie qu'on nomme “La voie lactée”
Là encore, une importante sous estimation de vitesse qui découle directement de la précédente. Ce nombre de 40 000 n'est qu'une conversion en milles par heure des 1 millions de milles par jour évoqués juste au dessus.
Si par hasard vous vous inquiétez de savoir où vous habitez, vous habitez dans le Bras d'Orion (en bas, à droite au carrefour après la troisième naine blanche).

Qui orbite à 19 milles par seconde, tel qu'estimé
La vitesse de la terre autour du soleil est d'environ 108 000 km/h (cette valeur varie de 5% au cours de l'orbite). Or, si on ramène les 19 milles terrestres de la chanson à une valeur du Système International, on obtient 110 000 km/h, ce qui est donc une estimation tout à fait correcte.
On peut noter que pour obtenir ce bon résultat, il faut utiliser le mille terrestre, contrairement au calcul de l'annotation précédente, qui imposait d'utiliser le mille nautique. Il y a fort à parier qu'Eric Idle (qui à co-écrit la chanson avec John Du Prez) n'a pas pioché toutes ses données au même endroit, et n'a pas pris soin d'accorder les unités. Rien de bien surprenant puisque Idle, comme tous les autres Monty Python, a suivi des études universitaires uniquement littéraires, avant de rejoindre la troupe.
Mais autour de nous, elle fait seulement 3 000 années-lumière d'épaisseur
Estimation valable là encore, les bras de notre galaxie font entre 1 000 et 10 000 années-lumière d'épaisseur.
A chaque fois que la vie vous abat, Madame Brown
Et que les choses semblent éprouvantes ou difficiles
Et que les gens sont idiots, insupportables ou cinglés
Et que vous sentez que c'en est trop pour vous
Le narrateur (joué par Eric Idle) est un personnage absurde, semblant issu d'un spectacle de music hall, et son objectif dans cette chanson est de montrer au personnage de la femme (jouée par Terry Jones) qu'elle est insignifiante, afin de la convaincre de donner son foie, et donc de mourir alors qu'elle est en bonne santé.
Mais si l'objectif est celui-ci dans le scénario, la structure de la chanson est assez différente. En effet cette introduction semble être un véritable conseil de vie, afin de passer plus facilement certaines épreuves, et la conclusion de la chanson sera également une invitation à relativiser sa condition pour avancer. La chanson s'adresse en vérité au spectateur bien plus qu'au personnage.
On pourrait faire le rapprochement avec la chanson Always look on the bright side of life, issue de La Vie de Brian, le précédent film des Monty Python. Cette autre chanson était également un conseil de vie pour aider les spectateurs à avancer, à ne pas se laisser abattre par les difficultés et les déconvenues.
Nous sommes à 30 000 années-lumière du point central galactique
Nous en faisons le tour tous les 200 millions d'années
La distance au point central est tout à fait valide, les estimations récentes tournent autour de 27 000 années-lumière (à plus ou moins 1 000 années-lumière). De même pour la période de rotation de notre système autour de l'attracteur central, il est aujourd'hui estimé à 225 millions d'années.
Notre galaxie elle-même contient une centaine de milliards d'étoiles
Cette valeur a été réévaluée à la hausse au cours des dernières décennies (avec l'amélioration de l'imagerie spatiale) et les estimations actuelles indiquent entre 200 et 400 milliards d'étoiles dans notre galaxie. Plus proche de 200 pour le moment, en attendant de nouvelles avancées dans l'observation de l'espace.
Et si vous n'avez pas confiance, vous pouvez toujours compter vous-même :

A condition d'avoir un écran 4K bien entendu.
Dans cet incroyable univers en expansion
L'univers lui même ne cesse de s'étendre, et de s'étendre
Dans toutes les directions où il peut filer
Ce mécanisme d'expansion de l'univers n'est effectivement pas un mouvement des galaxies qui s'éloigneraient les unes des autres, mais bien une déformation de l'espace euclidien. L'univers gagne en volume, et les galaxies qui le composent voient les distances entre elles augmenter.
Dressant une sorte de bilan de tous les chiffres démesurés qui viennent de pleuvoir dans la chanson, le narrateur se permet de qualifier l'univers d'incroyable. On peut imaginer que les Monty Python, tous issus de formations littéraires, aient découvert tardivement et avec émerveillement ces données astronomiques.
Donc rappelez-vous, quand vous vous sentez toute petite et anxieuse
A quel point votre naissance fut incroyablement improbable
Il est ironique de donnez un conseil à cette femme pour qu'elle se sente moins insignifiante, alors même que c'était l'objectif de toute la chanson. De plus, cela semble contradictoire de considérer sa naissance comme miraculeuse quand on vient de résumer l'immensité de l'univers. Un si immense univers rend l'apparition de la vie beaucoup moins exceptionnelle, car plus l'espace est grand, plus il y a de probabilité pour que s'y produise des événements rares.
En réalité cette apparente erreur s'explique par l'âge de cette chanson de 1983. La première exoplanète (planète hors du système solaire) n'a été officiellement observée qu'en 1989, et de nombreux chercheurs des décennies précédentes – n'ayant pas les moyens techniques de voir des exoplanètes alors même qu'ils pouvaient observer des milliers d'étoiles – concluaient que la plupart des étoiles n'avaient aucune planète. Probablement aidée par un sentiment religieux, l'idée que la terre et la vie sur terre étaient d'incroyables exceptions dans l'univers, une sorte de miracle, a fait florès à cette époque. De nos jours (en 2016) prés de 2000 exoplanètes ont été identifiées, et la répartition de ces observations permet d'estimer que 17% des étoiles de notre galaxie semblent posséder une planète d'une taille comparable à la terre. Cela revient à estimer que notre galaxie d'au moins 200 milliards d'étoiles, contiendrait au minimum 34 milliards de planètes semblables à la Terre.
Avec ces valeurs, l'apparition de la vie semble beaucoup moins miraculeuse qu'elle ne l'a été considérée par le passé.
Aussi vite qu'il peut aller, à la vitesse de la lumière, vous savez
12 millions de milles par minute, et c'est la vitesse la plus rapide qui soit
La vitesse de 12 millions de milles par minute correspond à un peu plus de 320 000 km/s ce qui est un peu au dessus de la vitesse de la lumière dans le vide (très légèrement inférieure à 300 000 km/s). Cela correspond effectivement à la vitesse maximale de propagation de l'information dans l'univers, et c'est donc une valeur limite de la réalité, et donc bien la “vitesse la plus rapide qui soit”. La lumière, les ondes radios ou encore les neutrinos, dans le vide, atteignent cette vitesse limite.
En revanche l'expansion de l'univers n'a aucun lien avec cette vitesse. L'éloignement causé par l'expansion n'a aucun rapport avec une vitesse de déplacement des objets, ce ne sont pas les objets qui bougent, mais l'espace entre eux qui augmente. Cette vitesse d'expansion (qui est en augmentation) est estimée actuellement à 67 kilomètres gagnés chaque seconde dans chaque distance d'un mégaparsec (1 mégaparsec valant 30 000 milliards de kilomètres).
Autrement dit, une galaxie située à 1 mégaparsec de la notre sera chaque seconde 67 km plus éloignée, alors même qu'aucune des deux ne se déplacerait par rapport à l'autre. C'est l'espace vide intergalactique qui gonfle.
Ce phénomène implique que plus une galaxie est éloignée de la nôtre , plus elle s'en éloigne rapidement (car plus il y a d'espace vide entre elle et nous). Concrètement, une galaxie située à plus de 4 500 mégaparsec de nous s'éloignera à une vitesse supérieure à la vitesse de la lumière. L'univers observable est grand d'un peu plus de 25 000 mégaparsec, or 25 000 divisé par 4500 vaut 5.6, on peut donc en déduire que deux galaxies situées chacune à une des extrémités de l'univers s'éloignent l'une de l'autre à presque 6 fois la vitesse de la lumière.
Et priez pour qu'il y ait une vie intelligente quelque part là haut dans l'espace
Car il n'y en a absolument aucune ici sur Terre !
On peut supposer que dés que l'être humain à commencé à chercher des formes de vie intelligente dans l'univers, des humoristes ont immédiatement fait cette blague qui consiste à souligner qu'il est déjà difficile de trouver des formes d'intelligence sur Terre.
Ces questionnements sur l'existence et le contact avec des intelligences extra-terrestre sont englobés sous l'appellation “Paradoxe de Fermi”, du nom du physicien italien Enrico Fermi, qui s'étonna, dans les années 50, du fait qu'on n'avait pas encore établi de contact avec des civilisations d'un autre monde.
Un autre maître de l'humour absurde britannique a résolu le problème encore plus radicalement : Dans ses romans de science-fiction Le Guide du voyageur galactique, Douglas Adams énonce que l'univers (et donc le nombre de planètes) est infini, alors même que le nombre de mondes abritant une vie intelligente est lui fini. Un nombre fini divisé par l'infini tend vers 0, ce qui permet d'affirmer avec certitude qu'il n'existe probablement aucune forme d'intelligence dans l'univers.
Elle est renflée en son centre, 16 000 années-lumière d'épaisseur
Les estimations pour cette mesure varient du simple au triple, mais en tout cas cette valeur de la chanson rentre parfaitement dans la fourchette.
On voit très nettement à l'œil ce gonflement, à l'approche du grand attracteur central nommé Sagittarius A :

Le soleil et vous et moi et toutes les étoiles que l'on peut voir
Se déplacent à 1 million de milles par jour
Les vitesses évoquées peuvent être très variables (d'une étoile à l'autre), mais globalement la valeur semble très fausse si on se réfère au soleil. La chanson traduite dans le Système International d'Unités, parle d'une vitesse d'environ 67 000 km/h, alors qu'on estime la vitesse du soleil aux alentours de 800 000 km/h, plus de 10 fois plus.

Voici une animation que l'on a peu l'habitude de voir, le soleil vu non pas comme un astre fixe et central du système solaire, mais comme un véhicule spatial très rapide autour duquel orbitent d'insignifiantes petites billes.
Notez que les orbites des planètes sont à l'échelle, c'est pourquoi on ne voit que les 4 planètes telluriques, Jupiter, la cinquième planète, est 3 fois plus éloignée du Soleil que Mars, la quatrième.