Outro Abandon

By Melan

On Abandon Sauvage

Released on February 2, 2018

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[ Couplet 1 ]

J'aurais voulu être comme tous ceux que je vois qui n'ont pas eu à embrasser le fond

Un jeu de foi dans un feux de joie, pouvoir espérer que mon brasier fonde

Confondre réalité et rêve, toucher la lune du bout des doigts

Ne pas faire partie de ceux qui sont dégoûtés de soi

J'aurais voulu ouvrir les bras

Un peu plus sourire, mourir mais brave

Avoir quelqu'un pour couvrir mes pas

Ne pas voir tous ces bâtards qui gèrent la dette

Oublier que je cavale

Réussir à croire que le taff libère la tête

J'aurai voulu comprendre ceux que ça ne dérange pas d'être dans une file

Qui ne doutent pas des yeux d'une fille

Etre à leur place le temps d'une vie

Croire que le malheur est stupide pour entrevoir plus de lumière

Penser que l'amour dirige, le concevoir plus que de m'y perdre

Faire ce que j'ai a faire, plutôt que ressasser ce que j'aurais dû

De pas parler d'enfer, voir les vagues plus que leur écume

Avoir une vie que l'on régule, aller de l'avant quand on recule

Savoir sourire quand ça s'empire, ne pas se sentir reclus

J'aurais voulu, que ces mots s'écrivent seuls, plutôt que mal accompagnés

Car mes démons condamnés m'attendent sur le seuil

Que cette goûte salé sur l’œil ne soit qu'une larme de joie

Des soir j'essaie de faire le deuil, de faire de l'art , de faire des choix

(Me déçois?) apprendre à regarder la terre sous un autre angle

Apprendre à me rendre, respirer l'air, mais leur atmosphère m'étrangle

Ne rien trouver étrange, œuvrer pour une vie sainte

Me purifier dans le Gange, savoir ce qu'est une vie simple

J'aurai voulu posséder en légèreté leurs cœurs de plumes

Considérer la liberté autrement qu'une rancœur de plus

M'envoler comme la Colombe quand ses ailes se déploient

Hélas elle me déçoit, avouer que moi même je lacère mes déboires

J'aurais voulu écrire plus facilement

Me persuader qu'on évolue

Avoir un tas de but fascinants

Oublier gentiment que j'ai peur de me perdre

Ne pas penser au oui quand on me dit non

Trouver les sentiments dans le cœur de pierre

Trouver les lettres, mettre bout a bout les sanglots

Indigné, je vis sans maître mais tabou est mon enclos

J'aimerais partir à la nage , quitter la barque sans si peu de manque

On ma piqué ma barre la vie me nargue sensiblement

J'aurai pu faire un empire, tout larguer, fier d'être roi

Je vis à l'étroit et sans mentir je ne vois qu'un trou noir derrière l'étoile

Pas l'arc-en-ciel quand les couleurs deviennent des ombres

Mon âme en saigne car mes douleurs deviennent des sons

J'ai appris de mes frissons, j'en n'ai bâti un projet de vie

Créé une plage pour ma prison, mon rap, gris, sombre, transforme mes pages en projectiles

Je parle de mes faiblesses en vain, car cette vie en abuse

Tu fais le dur, mais celui qu'en parle le moins est celui qu'en a le plus

J'aurais voulu... J'aurais voulu..

J'aurais voulu qu'ils sachent à quel point ma tête se fissure

Que j'ai épargné des lâches, côtoyé des impasses sans issue

Que mon cerveau a trouvé les mots que mon cœur n'avait pas

Que j'ai écrit des souvenirs bons, car jamais les mauvais ne partent

J'aurais voulu que la vie nous rende le dû d'un talent mérité

Faire autre chose qu'un rap tordu, violent, chialant de verité

Donner vie à mes graffs, car pour moi la peinture danse c'est sûre

Ne pas voir que les rappeurs taffent à tant cer-su

Je voudrais que ma rime reste ancrée car de ce temps c'est rare

C'est encore jeune X, mais comme Anton Serra j'reste entier

Étudier l'histoire, cultiver ma culture

Bâtir mes structures, transformer nos rêves illusoires en sculpture

Moi, je voudrais partir comme je suis arrivé

Ne pas me souvenir de tout

Les soupirs me troublent

Terrifié quand les sourires me touchent

Réussir ma vie dans ce que je pratique bien

Arrêter de finir mes albums par des trois petits points...


[ Couplet 2 ]

Dis-leur qu'on ce fout de leur cote

Vos jalousies d'ego, rangez-la vite

Qu'on inverse la norme, jeune et beau on va manger la vie

Qu'on a pas le temps pour toutes leurs prises de tête

Et que si leurs fils me traitent, je laisserai couler comme de la pisse de traître

Dis-leur qu'on est plus grand que leurs insultes a deux balles

Que si de temps en temps on ne dit rien, bah c'est pas qu'on capte pas

Mais qu'on préfère le silence, nous, cultiver la richesse de l'âme

Et si souffrance s'ensuit on se défoulera dans la tristesse de l'art

Dis-leur qu'on travaille tous les jours pour devenir des gens bons

Qu'on gagne et qu'on échoue , que ce don est rare donc nous le chantons

Dis-leur qu'on se fout des hommes che-lous, flous et pleins de tensions

Qu'on se moque des sous, que chez nous le résultat se résout a l'intention

Qu'on travaille la sagesse, que nos cœurs sont nos guides

Qu'on côtoie la détresse, car nos peurs sont nos vies

Que nos corps sont petits, mais nos âmes géantes comme les étoiles

Qu'on ne gâchera pas nos vies à attendre que la mort nous nettoie

Dis-leur qu'on est pas content sur tout

Qu'on connaît l'ombre noire

Qu'on montre pas, mais qu'on prend sur nous

Qu'on a mal quand on perd un frère

La peau sur les os, faut pas déteindre sur les autres nos guerres internes

(Non non, dis-leur qu'on s'en branle de leurs cote)

(Préviens-les)

Dis-leur qu'on entre pas dans leurs critères, dans leur enclos

Qu'on se fout de leur masse majoritaire

En gros qu'on a la liberté comme cri de guerre

Qu'on ressemble pas a leurs clichés tous claqués des pubs

Qu'on a autre chose à faire que de teaser et de mater des putes

Dis-leur qu'on fait partie des plus honnêtes du nombre

Qu'il suffit de talent, d'instinct et d'amour pour être les maîtres du monde

Qu'on sait prendre soin et chérir ceux qu'on aime

J'ai qu'un grand sourire pour ceux qui passent leurs temps à pourrir ce qu'on est

Dis-leur qu'on revient de loin, que nous fleurissons la merde

Que nul est plus immense pour nous que l'horizon de la mer

Que le feu, le vent et l'air

Que l'on sait ce qu'on fait en restant vrai

Qu'on parle franchement en ouvrant les lèvres