Released on June 5, 2025

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[Paroles de "Paulise"]


[Couplet unique]

Paul est toujours assis seul dans le fond du bus

Ses yeux, son cœur jouent à qui peut fuir le plus

De bonnes notes mais zéro potes, sa présence elle-même lui suffit

Il fait en sorte que les gens portent leurs regards ailleurs que sur lui

Chaque matin le même manège, il subit les moqueries des autres

Croche-patte avant d'regagner son siège, et puis sur le ventre se vautre

Les rires pèsent et les insultes volent une partie du trajet

Mais Paul encaisse, c'est comme ça depuis l'école et rien n'a changé

Paul veut manger le monde mais le monde le mange en premier

Il kiffe observer les mouches et les araignées dans l'grenier

Sa mère s'inquiète et l'envoie chez la psy toutes les semaines

Mais Paul se tait et s'taira encore la séance prochaine

Lise est toujours la nouvelle dans la salle de classe

Elle suit son père qui déménage souvent à cause du taf'

Un peu due-per, elle fume des joints solo sur le toit

Le matin d'hier, elle a pris c'bus pour la première fois

Paul a mis ses yeux dans les siens quand elle est v'nue à côté de lui

Elle était comme le blanc d'son noir pour dessiner son côté gris

Lise a senti la même folie qu'elle dans les yeux de Paul

S'imaginant fuir avec lui et sécher les heures de colle

Le temps passe et eux le passent ensemble, dans un skatepark vide ou dans la nature

Le soir Lise attend qu'son père s'endorme, mais part en cachette avec sa voiture

Elle a récupéré Paul, ils s'en vont faire des dérapages et cramer des trucs

Bidon d'essence dans le coffre, briquet dans la poche, l'envie d'tout cramer les éduque

Une benne, un porche, une maison, et un jour peut-être une ville

Se perdre à en perdre la raison, c'est leur raison d'être en vie

Pour l'heure, la caisse du daron de Lise est la première victime

Duster en flamme au fin fond d'une forêt pour scène de crime

Lise a fugué d'chez elle, Paul veut l'héberger chez lui, sa mère n'a pas le choix

Les deux partagent la même chambre, les mêmes habitudes, les p'tits déj', les repas le soir

La nuit les bras dans les bras, les mains dans les mains, se connaissent sur le bout des doigts

Les cœurs en feu sous les draps, quand Lise est montée sur Paul pour la première fois

Plus de voiture mais toujours un bidon d'essence

Amour pyromane, ils font le tour des parkings et brûlent des caisses dans tous les sens

Deux dans la même soirée, puis trois, puis quatre, puis cinq

Arrivent à tout cramer sans se faire cramer, priant pour que l'incendie ne s'arrête jamais

Mais le matin dans le bus, retour aux croche-pattes et aux noms d'oiseaux qui fusent

Lise prend la défense de Paul, les suppliant d'arrêter mais ces morveux refusent

Pour la remercier du geste et la gratifier d'un cadeau de découverte

Lise reçoit dans la tête une cannette ouverte et finit tempes ouvertes

Du sang partout sur les habits, Lise et Paul sortent du bus direction les urgences

Pour la première fois de sa vie, Paul ressent en lui la haine et la soif de vengeance

Quand Lise le rejoint dehors, il lui dit qu'c'est décidé, qu'il a fini son plan

Demain matin dès l'aurore, il ira cramer le bus avec les gens dedans

Mais Lise ne peut plus le suivre, lorsque qu'elle essaye de lui dire que tout va trop loin, qu'la haine est trop vive

Paul n'en fait qu'à sa tête et bouche ses oreilles comme un ado ivre

Celui qui courbait l'échine, veut maintenant prendre des directives

Mais Lise ne peut plus le suivre, elle dit que brûler la Terre la rend moins jolie et plus maladive

Elle dit qu'elle veut voir son père, que c'est souvent lui quand son tél' vibre

Qu'il doit bouger pour le taf', que c'est peut-être ailleurs qu'elle ira vivre

À ces mots les yeux de Paul ont pris le rôle de la pluie pour mouiller son visage

C'était comme briser le sol, c'était comme partir en chutant du dernier étage

En le prenant dans ses bras, Lise a fait promettre à Paul de tout laisser tomber

Mais du soir au petit matin, l'envie de tout brûler ne s'est jamais estompée

Arrivé devant le bus, il a versé du liquide des roues jusqu'aux rétros

Zippo dans la main qui pulsent, espérant voir la panique à travers les vitraux

Mais il ne savait pas que, le matin sans un bruit Lise était venue très tôt

Et pour un dernier adieu, a remplacé l'bidon d'essence par un bidon d'eau