Released on June 22, 2018

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[Couplet 1]

Sur le boulevard, j'vois des solitaires, des cœurs brisés

Des lampadaires alcoolisés, des miroirs sous somnifères et des cadavres de conifères

Qui dansent ensemble, synchronisés

J'vois cet amour éphémère dans une cage d'escalier

Et tous ces boulevards qui m'font croire qu'on est presque alliés

Des bateaux en papier dans l'caniveau

Des cris, des craintes, des verres qui trinquent, des existences dénuées de sens sur le passage à niveau

Se rappelant que, finalement, tout cela n'est même pas nouveau

Des rues qui s'écoutent parler, des aveugles à terre

Des empires faits d'immeubles en verre, des gens déjà loins des leurs

Tous témoins du temps et qui répondent "comment savoir ?" quand on vient leur demander l'heure

Des espoirs qui s'érodent et tournoient dans une spirale sans fin

Des âmes sur guitare saturée, sûres que ça va durer, qui peinent toutes à s'aventurer

Entre les "pourquoi ?", les "comment ?" et les "enfin"


[Interlude musical]


[Couplet 2]

Sur le boulevard, j'entends des efforts d'antan

Des rires d'enfants, des souvenirs

Des désirs tentants, j'entends des monuments si fiers qu'ils ne voient plus le coup venir

Des cris de l’âme si séduisants qu'ils font criser

Des "quitte-moi" méprisants non-maitrisés

Bâtis sur des ruines de sable, où l'amour est une prison très prisée

J'te parle de ces corps à cœur ouvert qu'avancent tous seuls, la peur au ventre

Des mains tendues qui veulent le monde devant des sols de fleurs en vente

Des années, désarmées, face aux changements inaltérables, là où seul le désarroi peut désormais te désarmer

J'entends les deux mondes qui se répondent, et des demandes qui se répandent

Ceux qui vibrent au rythme de nos soleils disparus

Les mêmes hommes perdus dans ta rue, criant leur désespoir sur les toits de la ville

Des étrangers qui mettent les voiles et naviguent donc quand l'écume blanchit

Les uns s'assoient sous le saule pleureur et les autres regrettent ce qu'ils ont franchi, en oubliant que les photos meurent

J'entends des bruits de boulevards

Des "bouge, connard", des vents d'Étretat

Des génies nés sur des bouts d'trottoir

Mais relève-toi, c'est jamais trop tard

J'entends des manques de confiance et des trous noirs qui conversent

Des allées qui s'esclaffent devant les lames dressées qu'on verse

Des échos qui s'répondent, des âmes élevées où la douleur est polie

Ici, on n't'écoute pas car t'es coupable pour ta couleur de peau

Des sentiments d'inachevés, des vengeances qui s'enchevêtrent

Un quart de lune, lampe de chevet, des miroirs brisés

Des sentiments perdus dans un grand silence aseptisé

Des problèmes d'autres qui marchent, des gens qui dansent dans toutes ces forêts en ciment

Parmi tous ces vestiges qui se sentent immenses, trop épuisés

Sur le boulevard, les cris résonnent, les émotions nous emprisonnent, les plaies ne se résorbent

Bien sûr qu'au final, le problème des hommes, c'est qu'ils se complaisent tous dans le désordre