Released on June 12, 2012

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[Paroles de "Occupation double"]

Yo

J'men crisse qu'à Vancouver 2010

Ça soit Garou qui fasse office de francophone de service

C'est icitte que ça se joue

Montréal est en guerre, chaque rue est une tranchée

Refuser de la faire, c’est ça le vrai danger

Finir étranglés, de plus en plus étrangers

Exilés de l’intérieur et du réel retranchés

En banlieue réunis, enfin compris de son voisin, de son ami

À l’abri derrière le coupe-feu, loin du conflit

Pas des motards pis des gangs de rue

Du combat essentiel à notre survie

En périphérie des villes comme de l’histoire

Le péril est terrible de finir par y voir

Dans cette tour d’ivoire, la fin de l’histoire

Saint-ciboire ! qu’est-cé qu’y nous faut pour enfin y croire ?

Libérons-nous des libéraux d’abord

La vraie lucidité réclame un effort de mémoire

Constate les dégâts 3 mandats plus tard

Mais le moulin à paroles tourne et tourne encore plus fort


[refrain]

J’sais qu’j’fesse su’l même clou

Pourquoi tu penses ?

You don’t have a clue ?

J’sais qu’j’fesse su’l même clou

Youhou don’t have a clue ?

J’sais qu’j’fesse su’l même clou

Pourquoi tu penses ?

You don’t have a clue ?

J’sais qu’j’fesse su’l même clou

No you don’t have a fucking clue

Montréal, vil visage de notre aliénation

Toujours à son acmé

Et le nier, c’est masquer l’acné

Sous 20 couches de festivités

Spectrales, le colonisé, lobotomisé

En apnée d’un sommeil prolongé

Marche dans les rues de montréal

Et se parle comme en aparté

« Yesterday up on the stairs

I saw a man that wasn’t there

He wasn’t there again today

Oh, how i wish he’d gone away »

J’parle, j’parle du mal qui nous habite

J’parle mal mais j’en parle pis j’m’en crisse

Des castratrices qui lisent la grammaire

Grévisse comme un bréviaire

La seule faute icitte c’est de s’taire

Ti-cul, s’tu clair ?

Faut qu’tu parles, parles du mal qui nous habite

Parle du mal pour le vider au plus vite

Coupables, coupables, mais de quoi câlisse ?

De pas aimer assez ceux qui nous haïssent ?

Depuis 150 ans, ceux qui nous trahissent ?

De se méfier encore du canadianisme ?

Ô sombre visage du colonialisme


[refrain]

Le Québec est en guerre et la guerre est entre nous

Larvée, les corps jonchent les pavés

Gênent à peine la bonne marche des marchés

Lucidité, efficacité, pragmatisme et tous les mots clefs

Dans la bouche de nos élites zélées, élites aliénées

C’est de l’anglais déguisé, langue d’affichage

Français de façade toute, toute lézardée

Coûte que coûte va falloir qu’on s’écoute

C’est ce putain de tabou qui nous pousse à boutte

Debout, deboutte, tous et toutes

On s’est crus revenus de tout, on est parvenus au boutte


[bis]


[refrain]

Ce monde est en guerre

Elle est en chacun de nous

Rentrée, derrière nos airs décomplexés

Affranchis affairés, toutes frontières franchies, effarés

En périphérie des villes comme de l’histoire

Les peuples terrifiés signent eux-mêmes leur arrêt de mort

En douce, dans la toute relative sécurité de leur confort

Divisés, les individus collaborent

D’accord, la mort d’un peuple, n’est pas la mort d’un homme

Mais quand la mort dans l’âme le plus vivant des hommes

S’immole ou s’enfonce une lame dans le coeur

N’est-il pas en train de crier que son peuple se meurt ?

« Condamné par le doute, immobile et craintif

Je suis comme mon peuple, indécis et rêveur

Je parle à qui le veut de mon pays fictif

Le coeur plein de vertige et rongé par la peur »

Coûte que coûte va falloir qu’on s’écoute

C’est ce putain de tabou qui nous pousse à boutte

Debout, deboutte, tous et toutes

On s’est crus revenus de tout, on est parvenus au boutte


[bis]