Released on December 5, 2001

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[Paroles de "L'étranger"]


[Couplet 1 : Vasquez Lusi]

Deux valises en carton, pour quatre personnes Gare d’Austerlitz

La France m’avait oublié, nouveau départ en 86

Ma race est aventurière, pour une vie meilleure guerrière

Et une image au loin… celle de sa terre

On espère te revoir un jour parmi nous, petit Kimto

Ma résidence principale au Portugal sera le caveau

Au bord de la mer, auprès des anciens

Loin, très loin des sacrifices de mes parents dont je suis le témoin

Changer, tout le temps changer, seul le métèque comprend

Avoir les mains dans la merde et le dos cassé à 40 ans

La nostalgie fait rire quand tu ne la connais pas

L’étranger apprend à souffrir et à se priver de cances-va

« On s’en va, maintenant c’est bon, on sera bien là-bas ! »

Là-bas je suis un français embourgeoisé et qui dit « ça va ! »

Des gosses bossent à 12 ans, marchent sans pompes, puants

Mais c’est pas le tiers-monde, non… parce qu’on est blancs !

En dix ans les choses changent, c’était pas fini

Troquer le littoral pour la grisaille de Paris

Cinq ans après j’avais les lèvres qui s’engourdissaient

Avant de déchirer comme ça, j’ai dû travailler mon français

« Kimto, l’école ici s'fout de ton orientation

L'kiff pour un bon portugais, c’est d’être maçon »

Chez moi y a pas de ghetto de neg, juste celui des galériens

Dans ma rue on se serre les coudes et ça nous rend daltoniens

J’ai mis deux ans à m’y faire, la vie est un combat

Ou tu luttes pour t’en sortir ou tu te flopes contre les cailles-ra

Perdre son temps, est devenu un vrai métier

O lusitano Quim-to fait attention où il pose ses pieds

J’écouterais du fado, boufferais de la morue

L’intégration c’est des papiers, j’oublie ma culture, j'suis perdu

Mec de la rue veut des putains d'couilles en or

Récompenser papa, mama, pour toutes ces années d’effort

Nao quero ser americano, sou lusitano, lusitano… tu comprends ?

Ma vie a beau être ici, mon cœur marche grâce à mon sang

Enfant avec un nom bizarre, tu n’as pas à pleurer

Honneur à ta famille et sois fier d’être un étranger


[Refrain]

Une partie du cœur loin

La partie restante, en attendant, continue d'battre

En quête de jours meilleurs, cousin

L’histoire d’un de ceux qu’on méprise…


[Couplet 2 : Vasquez Lusi]

Victimes, à long terme, d’un développement dit nécessaire

A mes ancêtres voleurs de terre

Tirant du fouet la sueur, tyrans, des rancoeurs et de la misère…

On me l’a appris à l’école, ça me la fait taire

Personne n’a d’auréole, je regarde au-dessus, autour…

La Terre a des soucis, ses enfants puent l’ingratitude

Pour moi sincèrement rien à foutre, la vie des tiens est rude ?

La vie des miens est rude ! On n’a pas d'tontons dans l’élite

Les comptes en banque et l'crédit d'vie s'débitent trop vite

Et c’est ça qui est rude ! Et après ça ? Bah, t’es sûr de rien en fait

Le destin joue avec nous comme un môme avec des allumettes

Au bord d'la mer, j’ai rêvé d’ordinateurs et d'piscines…

Et de chaleur ? Non, sûr qu'le monde est froid comme une machine

Les temps sont durs, les gens sont durs, j’hallucine !

L’indifférence rend les pensées solitaires, plus mûr et rien qui fascine

Les différences à tout niveau incriminent, pas nouveau… d’actualité…

Fatalité ? Ma vérité, une vérité faite de banalités, et alors ?

Ca tiendrait du scoop si j’avais les bonbons en or

Aux frères, aux sœurs du décor auxquels on tue identité, dignité !

Agissons pour nous, ici, chez nous, avec nos cœurs et nos faces d’étrangers


[Refrain]

Une partie du cœur loin

La partie restante, en attendant, continue de battre

En quête de jours meilleurs, cousin

L’histoire d’un de ceux qu’on méprise…