Triptyque

By Lautrec

On Hapax

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J'avais tout hein…

Qu'est ce qui s'est passé ?

Quels sont les chemins

Que j'ai cru devoir emprunter

Par crainte des crises...

Je vois la crispation de mes dix doigts

Crochetés sur le volant écru

De ma voiture étroite

C'est quand la première fois

Que j'ai voté à droite ?

C'est l'heure de pointe sur le périph

Des milliers d'êtres à la dérive

Partagent un cri silencieux

Et moi, je reste bloqué au milieu

On a fait tout ce qu'elle a voulu

Tout oui tout ce que j'ai pu

J'étouffe et tout c'que j'ai eu

C'est un gamin qui déjà ne m'aime plus

J'ai dû mendier comme un pouilleux

Pour un pavillon en banlieue

Pour le jardin auquel elle tenait

Pour le chien auquel elle tenait

Pour faire comme tous les voisins auxquels elle tenait

Pas tellement pourtant

A part celui qu'elle a trouvé charmant

Et qu'elle se tape évidemment

Pendant qu'je taffe

Comment un dément

Le lot acre

Du commun des médiocres

Et c'est pas juste non...

J'ai fini mon verre

Il est 9h du soir

Et il n'est pas rentré

Un peu plus tôt, un peu plus tard

De toutes façons je peux m'en passer

Je vais me casser

Et le laisser se tasser

Dans son destin chétif

De victime effacée

Des fois c'est difficile

De me rappeler l'érable

Sous lequel il m'a condamné

A l'avoir sur le râble

Il y a tant d'années

J'aurais mieux fait de me damner

Que de devenir madame Duchmol

J'aurais pu faire du chemin

Au lieu de me gâcher

Ma mère disait dans mon enfance

Que j'étais une gosse de riche

Née pauvre

M'avertissait que le monde en face

Ne verrait qu'une godiche

C'est trop vrai

J'ai cru en lui, je me suis trompée

Donc je l'ai trompé

Je crevais d'ennui

C'est de sa faute : il est trop plat

Bientôt je m'enfuis avec un autre

Il m'a promis qu'on prendrait un avion

Enfin quelque chose d'excitant

Je veux plus penser

Que demain matin

Quand le réveil sonne

A part la tombe rien ne m'attend

Je suis personne

Je suis tout le monde

Et c'est pas juste, non…

Personne ne me comprend

Derrière mes persiennes

Je regarde mes parents

Leur guerre écœurante

Personne ne me comprend

Derrière mes persiennes

Je regarde mes parents…

Effrayant !

J'veux pas de cette vie

Ce que je veux moi, c’est cette fille…

Échanger des selfies

Qu'on se filme pendant qu'elle me suce

Et que ce soit su partout

J'ai déjà des potes

Ils ont fait des partouzes

Et moi je reste à la porte

Je leur ai pas dit mais j'ai jamais baisé...

Personne ne me comprend

Derrière mes persiennes

Je regarde mes 15 ans

Ca n'a aucun sens

Personne ne me comprend

Derrière mes persiennes

Je regarde mes 15 ans

Et j'attends

Y'aura des jours meilleurs

J'aurai des fans élogieux

Faut juste que j'me casse voir ailleurs

La pauvreté c'est contagieux

J'veux être connu maintenant

Et à jamais inoubliable

J'suis coincé avec ces minables

Et c'est pas juste non...