Trajectoires

By Fayçal

On L’or du commun

Released on June 10, 2013

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[Couplet 1]

J’étais proche de la quarantaine, quelques tifs poivrés

Positif, jamais navré, une famille forte comme du tungstène

Une femme d’honneur qui m’a donné deux bijoux

Et pour couronner mon bonheur, j’enflamme mes bises sur leurs six joues

A l’aube la route est grise, à cinq cent mètres de l’école

Je shoote un hêtre et sans emprise dans la déroute tout décolle

Vrille à la catastrophe, parfois le sort est insolent

Mes deux filles mortes, moi au volant, qui m’en sors amorphe

J’étais toute l’espérance des miens, je vivais sans trêve

Sur cette route j’avais un rêve, être mancunien

Du génie dans mes gestes, l’instinct du buteur

Le destin d’un lutteur, d’une famille bénie mais modeste

Mes 18 printemps d’âge, les ai fêtés en centre

Avant, depuis longtemps, même cuit c’est leur cage que j’éventre

A 20 ans un lien se rompt dans un élan de fulgurance

Ancien talent du ballon rond, j’en ai perdu mon assurance


[Refrain]

Des blessures, des histoires, classées sans suite

Des fissures, des vies cassées, des déboires

Des passés vifs et des victoires

Un peu d’espoir et de tout ça résulte ensuite

Des mesures, des trajectoires en grand huit


[Couplet 2]

J’étais cet homme droit, archétype de la réussite

Le genre de type qui suscite l’attention derrière sa paroi

De ma tension que peu de signe, aucun désarroi sur le dos

Comme un signe porte ma croix tel un fardeau

Enfant de cœur, charrié depuis d’antan

Je l’entends ce chant de la peur encore malgré mes trente ans

Marié la corde au cou, usé par ce faux béni

Abusé par une décennie, à minuit j’ai tiré 12 coups

J’étais cet adolescent, muré mais influençable

J’ai enduré l’impensable, injures et mots blessants

Le moral à feu et à sang, sur moi renfermé

Dans le froid ma haine a germé, peu à peu pourtant innocent

Peureux le temps n’a rien soigné, aucun refuge

Aucun lien, aucun subterfuge, malheureux sans témoigner

Un jour, trois types m’ont rassuré, l’air fort, ma foi fut programmée

Jusqu’à la mort, leur ai juré de servir la croix gammée


[Refrain]


[Couplet 3]

J’étais cet enfant du divorce au mal profond et sombre

Jeune faon sous l’écorce au fond d'une ombre

Torturé par les querelles, par moment trop distant

Comment te dire que ces instants ont raturé mon aquarelle

Un passé persistant cadenassé par mes notions

Menacé par l’espace-temps, dépassé par l’émotion

Père séparé à mon tour, l’histoire se répète

Le soir je frappe tout sans détour et sans repère j’ai pris perpète

J’étais le plus jeune du clan, saxophone sur les lèvres

Dans cette faune vendais du rêve, du fun jamais les bras ballants

Orphelin dès la naissance, des pavés pour mère

Tel un félin j’ai fait mes sens entre dépravés et chimères

Entre connaissance et dureté, jouais sans mendicité

La rareté de ma pureté louait mon authenticité

Un jour au milieu des centimes, 0.6 sur une feuille

Aujourd’hui porte par orgueil ce saxo dans leurs lieux d’estime


[Refrain]

Paroles rédigées et expliquées par Rap Genius France