Correspondance

By Fabe

On Détournement de son

Released on October 1, 1998

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[Couplet 1 : Al]

Talant, 26 juin 1998, salut Befa, quoi d'neuf depuis la dernière fois ?

Pour moi, toujours la même. En c'moment j'taffe, un vrai calvaire

J'm'emploie à gagner un salaire de misère

Dans une atmosphère qui pue comme l'enfer

Y paraît qu'quand tu travailles t'as le droit à des espérances

J'sais pas mais en faisant mes palettes, j'ai du mal à m'dire que j'ai de la chance

Au fait, j'voulais savoir si t'as pas un pote qui peut m'faire un son

Tu sais ici c'est pas New-York, c'est juste Dijon

Pour assouvir sa passion, ça relève de la mission

J'suis là à regarder loin devant moi en rappant mes textes dans l'vide

Mais j'vois pas l'endroit où hip-hop rime avec avenir solide

Les incertitudes se cachent derrière les embûches

Tu t'excites comme une abeille dans sa ruche

Et tu t'rappelles qu'il faut remplir la cruche et mettre du pain dans la huche

Dur d'avancer sans obstruction

Les murs, comment en faire abstraction ?

Le futur s'annonce difficile dans sa construction

Ne brusquons pas les choses, ça veut dire quoi ça ?

Est-ce que les choses se gênent pour me brusquer moi ?

Souvent j'pense qu'on est abonnés à la souffrance

Aux carences sur le plan de la chance

Comme vivre dans une substance qui s'endurcit

Jusqu'au jour où plus aucun mouvement n'sera permis

Pas verni, mal servi, pas un radis en poche

J'entends "le paradis est proche"

Mais on nous prend pour des cloches

J'veux faire faire mon truc alors j'm'accroche

Mais pour combien de temps ?

La paroi est glissante, les prises sont peu nombreuses

La chute peut être imminente

Bon j'arrête, je n'chiale pas plus

Au fait, j'attends grave le prochain opus

Tchao, à plus


[Couplet 2 : Fabe]

Quand j'faisais dix-neuf heures - six heures du mat' à porte de la Chapelle

J'trouvais qu'les sacs " La Poste " étaient tous plus lourd que la vie est belle

J'fais partie d'ceux qu'ont pas eu peur de suer

J'recevais pas d'courrier, mais ça m'a pas empêché d'trier l'tien

Servir des verres à des poivrots derrière un bar qui m'appartenait pas

J'ai dit "j'me casse", ils m'ont dit "on t'retient pas"

Alors j'suis parti et si j'en tiens pas rancœur aujourd'hui

C'est qu'mon cœur pense à tous ceux qui sont toujours là-bas

En train d'trimer pendant qu'j'raconte ma vie au cro-mi

Remarque j'y croyais, j'disais "j'réussirai, c'est promis "

En notant chaque idée qui traînait sur un papier volant

Ça fait un bout d'temps

D'après c'que j'ai appris, on a tous une place en enfer

Pour un plus ou moins long séjour

Et y a des jours, on sait plus comment faire

J'espère pas faire trop d'mal, j'veux juste respirer

L'avenir est incertain, même si t'es le mec le mieux assuré

Ça peut rassurer et ça peut faire monter la pression

Entre c'qu'on fait et c'qu'on dit, y a la bonne foi et la discrétion

J'vais voir c'que j'peux faire au niveau du son

Mais bon t'as vu, t'es déjà venu

Paris c'est pas New-York non plus

Paris c'est pas New-York non plus

Paris c'est pas New-York non plus

PS : J't'écris de chez Cut, on est le 11 Juillet

J'avais oublié, quand j'étais petit c'était l'époque de l'été


[Extrait de film en version française]

Je vais t'annoncer les règles entre nous

Ce sera pareil qu'au week-end, tu te souviens ?

Ouais

Très bien, je t'écoute

Le lavabo de la salle de bain

Le sol

Et les toilettes

Il y a aussi ma chambre à nettoyer

Et la pelouse à arroser

Dis, j'ai une question à te poser

Qu'est-ce que tu fais toi dans la maison ?

Moi je ne fais rien dans cette maison

Excepté, payer les factures

Mettre à manger sur la table

Et te payer de quoi t'habiller

C'est clair dans ta tête ?

Je sais tu me trouves un peu dur avec toi

Mais c'est faux

Tu vois tes copains qui vivent dans la rue

Eux ils n'ont personne pour leur montrer comment se conduire

Ils sont seuls

Un jour tu verras ce qu'ils deviendront