SIRÈNES

By eden dillinger

Released on March 25, 2020

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[Couplet 1]

Agnostique est le diagnostic, j’m’arrête aux frontières du réel avec un passeport vide

J’écris un roman d’apprentissage dans l'quel j’pars du bout

J'suis David, c'est mes rêves d'enfants contre des Marc Dutroux

J’vois la réalité en face comme un parloir vide, j’suis libre

Donc j’détruis ma santé par loisir, j’renie vos concepts 1300 par mois

Encore moins prêché dans une paroisse, j’préfère pêcher dans des concerts

Et enfoncer leurs parois quitte à manger dans des conserves, nique leurs conseils

Du Royaume des aveugles, je n'serai pas roi

Si l'paradis est sous mes pieds, j’fais le poirier et j’croque dans une Pink Lady

J’ai le regard tuméfié dont tu t’méfies pendant qu’ils regardent "Coup d'foudre à Notting Hill"

J’entends les coups d’feu d’Amityville, mon 9, c’est un remake d’Billy Eliott version MTV

Merde, j’sors du brouillard tel un bateau pirate

J’suis pas venu faire des textes stériles comme les draps d’l’hôpital

Choisi mes mots comme un discours d’investiture ou bien une lettre de suicide

J’crache ma haine avant que j'perde le missile

Yo, Guess who’s back ? Quand j’rappe, ils deviennent tous bègues

Ils s'demandent: "Il vient d’où c’mec ?", pour qu’ils comprennent j’rappe doucement

J’invoque leurs carrières, sur leurs Grillz, j’suis une carie

Je suis pas le genre d’homme qu’on achète avec une caresse

La valeur d’mon sang, c’est l'prix du baril, j’tourne en rond dans les couloirs d’Shining

J’viens d’Versailles, j’s'rais jamais le roi d'ma ville

J'fais de l’art avec une paire de couille, je crois qu’eux en ont pas

J’ai l’compas dans l’œil, celui qu’enfonce leur œil dans le compas

J’ai pas l’temps d’chanter "Lé lé la", j’dois empiler les liasses (lé lé lé lé lé la, j'dois empiler les liasses, yeah)

J’ai une peur sourde et l’œil triste

Les poches vident et l’cœur lourd quand le Glock, dans ma bouche, m’empêchent encore d’passer les portiques des portes du succès

La réussite sait où j’habite, qu’elle appelle sur mon téléphone fixe

Elle et moi c’est une fan-fic’, elle m’excite comme une femme flic

J’laisse des flammes derrière oi-m et j’dérape sur des flaques d’huile


[Pont]

Merde, quand ils me sourient moi tout c’que je vois c’est des dents acérées

C’que j’te raconte c’est réel j’compte plus les conn'ries qu’ils sortent à la s'conde

Donc allez leur dire que jamais le requin n'mord à l’hameçon

Le rap est mort, je chuchote à l’oreille d’une tombe

J’sais plus si j’écris ou si j’viens poser une bombe

À ma place comme une sextape dans l’hôtel Hilton

Et merde, personne ne peut me juger à part Poséidon


[Couplet 2]

Et merde, j’suis un talent gâché avec les yeux revolvers, la langue gâchette

La dose que t’achète, sniffe en cachette

Le cœur couleur tacheté car entaché par le cash et la lâcheté

J’suis une balafre dans l’innocence

Une veuve qui cogite sous insomnie dans un lit trop grand

J’suis un suicidaire qui contemple la vue avant le dernier saut

J’accouche d’un texte, le requin perd les eaux

J’suis la haine au fond d'un œil au beurre noir

Un enfant battu qui fugue le coup fatal allongé la tête ouverte par le bitume

La maltraitance justifiée par l’habitude

Je parle à des murs qui m’répondent qu'j’aurais pu faire mieux

Donc je laisse une plaie ouverte dans leurs esprits fermés

Enfermé, dans une cellule psychologique avec un plafond de verre

Mes vers sonnent comme un "Va t’faire enculer patron de merde"

Je lance un pavé dans la mare qui viendra fendre mon scaphandre

Le public est dans l’attente que j’fasse ressortir nos douleurs latentes, hein

J'arrive pour piller l'biz’, j’suis l'pied d’biche alors j’écoute pas leurs conseils

Je connais pas banquier riche, ouais, j’attends l’argent pour m’envoler

Donc pour l’instant, je fais un avion avec un billet d'dix


[Outro]

J’suis un talent gâché, je sens les sirènes qui me tirent par l’talon d’Achille

J’suis un talent gâché

J’suis un talent gâché, je sens les sirènes qui me tirent par l’talon d’Achille

J’suis un talent gâché