L’éclipse

By Cenza

On Retour au temple

Released on December 20, 2019

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Quinze ans qu’je mange des pierres par passion

Qui a dit que c’était facile t’façon, mais passons

J’n’ai pas mis cette plume autour d’mon cou pour faire joli

J’ai promis et le micro l’dit

Auditoire et torticolis

J’fais l’ouvrier pour mon uZine

Allez sens, hallucine

Avant d’réaliser que mon fusil n’est pas lucide

J’expulse une larme de plus

Éclaboussé d’l’encrier

J’m’entends même plus parler

Autant crier

Autant griller, dans les flammes de l’enfer pour un sou

Et m’dire quel cul lécher

Tu m’prends pour un fou ?

Ma secte porte un Z

Car les derniers s’ront les premiers à rimer, groupuscule non-endoctriné

Et quoi ? Moi ?

Faudrait qu’j’prenne le manège comme les autres

Pour m'faire retourner

Jusqu’à m’en tordre les côtes

Comme un alcoolique masochiste

Ma mine m’attriste à gratter

Je suis cet artiste raté

J’égorge les mots, mais ça remplit pas mon estomac

Prie pour moi

J’ai misé sur les miens

J’n'ai rien pris pour moi

J’enflamme la foule avec deux silex

J’le fait pour le H-I-B, tout le monde s’en bat les couilles

Tu peux l’archiver

Y’a rien à valider

J’fais kiffer les anciens

Mais j’reste en chien, car c’est pas eux qui achètent mes CD

Arrêtez d’rêver !

On vit dans un monde de crevés

Même si j’me fais greffer une patte de greffier

J’retourne parmi les miens !!

Je m’alimente, un minimum, au maniement du mic

Me munis de mon arc

J’ai voulu faire une secte, à moi d’me sacrifier

Voir mes gars friqués, agripper le billet qu’on leur a fabriqué

Mon rap est poussiéreux

Il est en noir et blanc

Il a un goût de haineux

Il met des fois les gants

A force de faire les deux

On prend pas des milles et des cents

La vie va vite

J’fais coudre un cadre avec une corde de guitariste

La vie d’artiste, quoi ?

Elle m’a trop fait bander

Des fois, j’lui mets des doigts mais y’a qu’ça qu’j’arrive à rentrer

L’écriture, c’est ma branlette

J’m’en vais l’faire en douce

Même ma meuf me croit pas quand j’lui dis qu’j’les mange tous

Ils sont hardcore, eux ?

Ils sont moulo comme un p’tit mort

J’sors de la salle du temps

J’ai sorti six corps

J'en ai marre de voir ces trimards me devancer

Que la grande reine des putains leur apprennent à penser

J'ai 21 demi-sourires, après mille soupirs, mais non

Tu finis vite comme un schlag, si tu prends pas les d'vants

J'ai perdu mon temps à essayer d'sortir un vrai son

Mais pour moi, "toucher les étoiles" ne restera qu'une impression

J'ai dû croire qu'j'allais changer l'monde en brandissant mes lyrics

L'imaginer une seule seconde m'a rendu bien pessimiste

Ils se demandent encore pourquoi une appellation sectaire

Parce qu'on veut pas rester avec eux, on préfère les frères

J'm'en bats les reins, j'aime bien

Mon essaim, c'est mon univers

Terrain usinière. Pas d'dessin

Un festin, Quand on éteint, les lumières

J'te préviens c'que j'détiens demain

Encore plus qu'hier

Le pain ou la cuillère ?

Le choix nous appartient

A chacun mais reste unitaire

Les miens contre Lucifer

Le chemin est lointain

Et suicidaire

Une flaque de vin, urinaire

J'ai faim et j'remplirai pas mon écrin avec une prière

Ils veulent que j'fasse de belle phrases, que je joue les poètes

Ils prennent des mots qu'ils ne connaissent pas pour n'pas paraître trop bête

J'aime pas faire pleurer les chaumières

J'écris les larmes aux yeux

Tuer son art, c'est comme monter avec une arme aux Cieux

Y'a déjà v'là la queue devant la caverne d'Ali Baba

J'ai pas été assez con pour essayer d'aller là-bas

C'est d'pire en pire, et pourtant l'important, c'est d'pouvoir partir

J'perds mes repères et mes remparts s'effondrent en parties par terre

J'aime la vie, mais la vérité

L'idée s'est tirée, filée en beautée, maquillée

Rédiger des piles et des piles de papier

Déchiré, ma tête s'arrête pas d'rimer

Pourtant, j'fais des concerts, j'fais partir quelques galettes

Mais j'avais plus de baskets, quand j'bicravais des plaquettes

Maintenant j'regarde en arrière, me demande c'que j'ai raté

J'me suis mangé la barrière, finis par terre éclaté

Promenez mon nom, l'emmenez à l'aumône

Me contenter du minimum, et contempler leur silicon

Mon parcours est une parode entre le hall et le studio

J'suis condamné à faire un rap qui ne marchera plus trop

Y'a quoi s'taper la tête contre un mur

Faire la fête, comme des cons j't'assure

Bouge tes fesses, un bon coup d'ceinture

Internet est arrivé, et a enlevé tous les doutes

C'est pas les artistes, qui font d'la merde

Mais bien les gens qui l'écoute

J'ai voulu planter mon drapeau

Sur la lune avec mon troupeau

Agripper, comme des crapaud

La croupe de son croupion a croupi

Reste accroupis, j'ai d'jà tout pris

Bousille des rimes pourries

J'sais pas combien d'temps, j'pourrais encore tenir comme ça

J'vais là d'où vient l'vent et ça m'rend fort de l'dire d'bonne foi

J'ai un tard-pé, dans la bouche, qui fume parce qu'il vient d'faire feu

PAW !

Sucez donc ma queue sous un grand ciel bleu !

Sur la tête de mes ancêtres

C'est la monnaie, mon ami, qui manie l'humain

Le manipule, lui ment même

Sans un compte bancaire, les ronds manquèrent

La con d'sa mère, ils l'auront entière

Mes poches sont en pierre

Ils sauteront en l'air, quand j'aurai vidé tout mon chargeur

Débridé mon ardeur, millimétré comme un solo d'batteur

Alors je fais le tri, et le prix à payer est le vide

Et j'me dis que c'est t'chi que cette vie ne sera que fait de gris

Ma gueule, en attendant, je prends le seum

Malheureusement, ça va m'inspirer

Seulement, je ne vais rien tirer

J'ai insisté, insisté

J'ai les mains crispées, ainsi fait

J'suis pas invité, infiltré

J'ai jamais été impliqué

J'vois le spectacle avec autant d'laideur

Mes mots n'craignent pas la douleur

J'écris avec la main du Seigneur

L’Ingénieur

Qui m’a donné le génie

Que j’aime à imaginer

Jamais savoir ne m’avait autant gêné

J’ai développé un art afin qu’cette philosophie soit mienne

Un rêve de gosse, transformé en un combat contre soi-même

J’apprends d’la vie et tristement, j'n’ai plus rien à apprendre d'eux

Quand j'dis eux, j'sais même pas d'qui j'parle, et c'est encore mieux

Rien n'a changé, j'les vois hurler d'vant leur boyband préféré

Sauf que maintenant ces tarlouzes se prennent pour des énervés

J'vais avancer dans l'allée des ombres, le fourreau chargé

Traverser la vallée des morts sans jamais les regarder

Chaque pas que je fais, me rapproche d'une fin certaine

Mais j'irai jusqu'au bout, jusqu'à l'éternel

Ma plume est forte, elle vole

Je suis fier d'elle

Elle m'accompagne et virevolte à plein aile

Planante comme cette planète

La terre est belle et pleine de peines, de quoi remplir mon stylo bic

J'regarde tomber la guillotine, au milieu d'tous les hypocrites

C'est si logique et triste aussi, mais qui va faire quoi ? comment ?

Le spectateur reflète la peur pour qui tiendra les commandes

J'fais mon petit bonhomme de chemin

Au milieu d'cette merde, comme tout l'monde

Comme un mouton qu'on va tondre

A l'ombre

Egalement ma gamelle, pour c'que j'raconte

Qui est l'patron, attendant l'prochain morceau qu'on va

Pondre ?

J'affronte, un ennemi invisible à l'œil

Lis ma tête d'inculpé

Valeurs inculquées, le manque de dignité qu'ils ont eu

Pourtant, j'suis personne et tout l'monde à la fois

J'm'en bats la race, qu'ils fassent crari qu'ils reconnaissent pas ma voix

Prends ton prochain, par la main et emmène-le loin de là

Comme tous les hommes, on fout la merde, et on s'en va à deux pas

Quitte à laisser une trace derrière moi, autant qu'elle sente bon

J'veux pas leur donner mon travail et payer l'prix d'la rançon

J'suis préparé, et sais qu'j'vais pédaler

Avant d'aller m'étaler, sur les pavés

Attraper la clé qu'ils ont égarée

Ce cœur est glacé devant moi, devenu mon exutoire

Ils n'ont encore rien entendu, alors qu'ils auraient dû l'voir