Post Scriptum

By Brav

On Error 404

Released on February 26, 2016

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[Intro]

Arrêter les pendules, couper le téléphone

Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne

Faire taire les pianos, et sans roulements de tambours

Sortir le cercueil avant la fin du jour

Que les avions qui hurlent au dehors

Dessinent dans le ciel ces trois mots : "Il Est Mort"

Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices

Gantez de noir les mains des agents de police

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye

Démonter la lune et le soleil

Vider l'océan, arracher la forêt

Car rien de bon ne peut advenir désormais


[Couplet]

J'voulais que tout soit clair

Avant que le couvercle ne se referme

Une dernière fois, emmerder les bourgeois, les ministères

Cracher la vérité amère, de la part de la classe ouvrière

Passer mes nerfs... à travers quelques vers

Faire que ça change, était le but, c'est c'que j'ai cru

Je suis venu, j'ai vu, j'ai fait ce que j'ai pu, je te le jure

J'ai été jusqu'à parler de moi

Moi qui d'ordinaire préfère se taire

Éviter le sujet comme un ennemi devant sa mère

J'ai essayé d'être juste, peu importe qui ils croient

J'ai essuyé des insultes, et mes yeux quelques fois

Quel qu'en soit le prix à payer, j'paierai

J'préfère mille fois crever debout que vivre à genoux, c'est vrai

J'ai dû ravaler ma fierté, aux sorties de vieux démons

En faisant semblant de sourire pour ressembler à tout l'monde

J'ai même mis d'côté la honte, pris sur moi souvent

Afin de mettre des mots sur mes dégoûts, mes tourments

Mis à poil en parlant d'moi, un peu il fallait qu'ils le sachent

Ce qui se cache derrière le masque, mon côté face ténébreux

Un côté sage qui n'est que de la mascarade débile

Parce que, comme Anakin, j'ai la colère facile

Je suis pire que c'qu'ils imaginent, oui l'obscurité me fascine

Bipolaire : mon profil, mon passé : mon talon d'Achille

J'espérais faire de la musique un moyen d'nous libérer

Que ma lutte soit autre chose qu'une défaite anticipée

Anti-injustice, anti-inégalités, j'ai eu beau semer d'la paix

J'n'ai récolté que des procès, j'ai donné tout c'que j'pouvais :

D'la sueur, du sang et des larmes, j'y ai laissé des années

Des amis, délaissé même ma femme, pour finalement quoi ?

La richesse ? La gloire ? Non même pas, chez moi

C'est toujours aussi difficile les trente derniers jours du mois

J'étouffais, alors j'ai tout fait, dis merci, s'il vous plaît

Mais toujours rien à bouffer

Échouer ou réussir, au fond n'a pas d'importance

Plus l'combat est grand, plus la victoire est immense

Certains me disent que je prends des risques

Mais qui le fera si j'me défile ?

Je me sens vivre que si, utile à mes semblables, je le suis

Je me fiche bien qu'ils en rient, j'écris pas je résiste

Ni profit, ni bénéfice, j'suis qu'un bénévole lyriciste

Moi, pour que je cède, faudrait qu'je trépasse

Plante-moi dans le dos, si tu trouves encore de la place

Sous une bâche sont mes chances d'être suivi, c'est certain

En France c'est sûr qu'y'a moins de Jean Moulin que de Pétain

Et puisque rien ne nous attend à part le Père Lachaise

J'écris chacun de mes textes façon dimanche à l'irlandaise

Si j'frappe sans raison, l'histoire m'en donnera elle

Aussi loin que j'me rappelle :

Être libre, c'est choisir soi-même ses chaînes

Qu'un seul tienne et les autres suivront

Ou est-ce l'inverse ? J'ai bien l'impression

On m'a dit : "L'union fait la force" mais qui fera l'union ?

Dans c'pays où les moutons se comptent par millions

Où la morale et la raison ont déserté les lieux

Où les riches sont plus riches, et les pauvres plus nombreux

Je n'peux rien prendre, je vous laisse tout

T'inquiète : un jour, la roulette russe tourne

Qu'ils se rassurent : j'n'ai pas fini d'me battre

J'n'étais pas rappeur, mais un révolté qui fait du rap

J'ai tenté d'être brave, j’espère ne pas m'être pas trop perdu des fois

Désolé si j'déçois, mais parfois, j'ai du faire des choix

Mauvais ou bons, ça : no comment

Indifférent, je sais bien trop d'choses pour l'être

Y'a eu Renaud avant moi, y'a eu Dylan avant lui

Après moi, qui viendra ? Après moi, c'n'est pas fini

Enfin j'espère, car vu le QI d'fruits d'mer de ces pseudo-leaders

J'ai des envies de Columbine toutes les demi-heures

Dis-leur, que l'abandon et moi font deux

Si l'futur est flou, c'est parce qu'on est au pied du mur

Bien sûr, je n'souris pas je grogne, ne me caresse pas je mords

Tout est de la faute de Tyler Durden

C'est p't-être la dernière fois qu'on m'entend, autant être franc

Je n'suis pas de ceux qui suivent, je préfère prendre de l'avance

Gardez vos distances, je garderai mon calme

Baisse d'un ton, et je baisserai mon arme

Je crois que tout est dit, ou presque

Je laisse, le silence faire le reste

P.S. : parmi les pauvres, enterrez-moi sans roses

En espérant qu'il pleuve

Qu'on pleure au moins pour quelque chose...

Comme toujours

Les plus faibles servent de proies, rien ne m'étonne

Résignés, les autres ferment les yeux, sont borgnes

Pourquoi pour rêver, faut-il attendre que l'on dorme ?

Les portes closes, j'avance avec une clé de sol

Toujours les plus faibles servent de proies, rien ne m'étonne

Résignés, les autres ferment les yeux, sont borgnes

Pourquoi pour rêver, faut-il attendre que l'on dorme ?

Les portes closes, j'avance avec une clé de sol


[Outro]

Brav... Prolo...

La vie m'a enlevé mon innocence

La société réduit nos chances

L'utopie a tué l'adolescence

En me laissant la souffrance...

Souffrance, souffrance, souffrance, souffrance

Souffrance, souffrance, souffrance, souffrance

Souffrance, souffrance, souffrance, souffrance

Souffrance, souffrance, souffrance, souffrance

Souffrance, souffrance, souffrance, souffrance...