Dr. Martens E01

By Brav

On Sous France

Released on January 26, 2015

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[Intro]

Évidement, toute cette histoire n'est qu'une fiction

Qui j'espère invitera à la réflexion

Sur les dérives, parfois sectaires d'un isolement social, racial ou économique

Combattre les extrêmes, avant que ce soit l'inverse


[Couplet 1]

Déjà petit, très peu d'amis, souvent solitaire

Unique enfant d'une famille discrète, ouvrière

Qui pour survivre dans ce milieu de bâtiments précaires

Gratte jour et nuit, touche le SMIC pour un taf' de merde

Dure est la vie, mais bon tant pis, il faudra faire avec

T'façon ici, on a beau crier, nul n'entend l'appel

Alors enlisé dans l'oubli, on tente de rester fier

Mais la sère-mi fini très vite par faire baisser la tête

Dix-neuf-cent-quatre-vingt-six, j'avais cinq piges à peine

J'ai vu arriver sans un bruit la douleur quotidienne

D'une mère infirme que les soucis ont quasi rendu muette

D'un daron qui dans le Whisky tente de noyer les dettes

Et qui se venge de ses défaites en détruisant c'qu'il aime

En tabassant souvent ma mère quand ce n'est pas moi-même

Chaque jour plus rude et plus obscur que celui de la veille

Me pousse à traîner dans la rue, fuir cette sale rengaine

À sept-huit piges, passage difficile par l'école primaire

Où j'ai rapidement appris le sens du mot " colère "

Faut dire qu'entendre sans arrêt des " vas-y, nique ta mère "

Marque l'esprit qui encore aujourd'hui me reste en travers

Je me souviens qu'à cette époque, j'aurais souhaiter que crèvent

Tous ces connards de fils de bourges qui m'insultaient sans cesse

De sale pauvre, de cassos, de bâtard parfois même

Finalement cette période forge mon caractère

Un peu plus tard, c'est au lycée que tout s'accélère

Un jour de Mars, pour un regard pourtant ordinaire

Une bande de rabzas et de blacks à la réput' vénère

S'y mettent à quatre pour me coincer dans les chiottes, et merde

Tout va très vite, l'un d'eux me gifle tandis qu'les autres me tiennent

J'essaye de fuir mais tous ces types sur mon corps se jettent

Les coups déferlent et les insultes sur ma gueule s'enchaînent

Aucune issue, et si je suis seul contre quatre, que faire?

Répondre j'aimerais, mais maintenu de force à terre

Une main sur la bouche m'empêche de donner l'alerte

Lorsque soudain, l'un d'eux se lève, prend son élan, abrège

D'un penalty dans les gencives, c'est le trou noir direct


[Couplet 2]

Inconscient, c'est dans mon sang dans lequel je baigne

Qu'on me retrouve quelques instants après ce long calvaire

Transporté aux urgences dans un profond sommeil

C'est seulement trois jours plus tard que je me réveille

Les jambes cassées, les côtes pétées ainsi qu'une trentaine

De points de sutures sur le crâne et l'arcade sourcilière

Sous assistance respiratoire, fracture de l'abdomen

Je m'alimente et n'chie que par des tuyaux désormais

Les journées passent ainsi de suite, ça fait déjà six semaines

Que je suis cloué sur ce lit d'hôpital sans rien faire

À l'exception de quelques visites, trois ou quatre lettres

Je passe le plus clair de mon temps à ruminer ma haine

À ressasser silencieusement chaque minute de cette scène

À contenir douloureusement ma colère et ma peine

Moi qui n'avais jamais rien fait, pourquoi est-ce moi, bordel ?

Pourquoi ceci ? Pourquoi cela ? Pourquoi ? Pourquoi ? Merde !

Il est certain qu'aujourd'hui j'suis plus tout à fait le même

J'ai juste envie d'acheter une arme et de flinguer ces mecs

Ainsi même que tous leurs semblables, indigènes

Quand les parasites envahissent, l'extrême droite est l'remède

Ils feraient mieux d'rentrer chez eux, d'retourner dans leur bled

Au lieu de profiter des alloc', salir ma France si belle

Nettoyage ethnique massif, c'est les crouilles et les nègres

Je serais d'avis que pour l'exemple d'en jeter un dans la Seine

“Je passe le plus clair de mon temps à ruminer ma haine À ressasser silencieusement chaque minute de cette scène À contenir douloureusement ma colère et ma peine”
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L'agression a traumatisé le narrateur au plus profond de lui.

“Qui pour survivre dans ce milieu de bâtiments précaires”
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La famille de l'enfant que Brav' joue vie dans une cité.

“Quand les parasites envahissent, l’extrême droite est l’remède”
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  • Les parasites représentent les personnes d'origine étrangère.

  • L’extrême droite, comprenant le parti du Front National, se basent sur la peur de l'inconnu et sur les défauts de notre gouvernement actuel pour grimper dans les sondages. La plupart de ces partis sont xénophobes.

On peut noter que Brav' utilise un champ lexical propre aux maladies : “parasites”,“remède”.

Le narrateur pense que les personnes d'origine étrangère seraient contrait de fuir le pays si le gouvernement serait d'extrême droite.

“Je serais d’avis que pour l’exemple d’en jeter un dans la Seine”
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La narrateur propose de jeter dans la Seine (le fleuve traversant Paris) une personne d'origine orientale, en référence au massacre du 17 octobre 1961, où des algériens ont été jeté dans la Seine par la police française lors d'une manifestation d'Algériens organisée à Paris par la Fédération de France du FLN.

On entend à la suite de cette mesure quelqu'un ayant jetté quelqu'un ou quelque chose à l'eau, puis marcher pour s'en aller. La narrateur serait alors passé à l'acte.


Bonus Genius

Dans “17 Octobre” de Médine, celui-ci raconte à travers quelques mesures le massacre du 17 octobre 1961 à Paris :

http://www.youtube-nocookie.com/watch?v=0XAIHLNEcO0

“J’ai juste envie d’acheter une arme et de flinguer ces mecs Ainsi même que tous leurs semblables, indigènes”
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La haine du narrateur le pousse à faire des amalgames, à généraliser, à croire que les personnes ayant les mêmes origines ou la même religion que ses agresseurs sont comme eux.

“T’façon ici, on a beau crier, nul n’entend l’appel”
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Le manque d'assistance pour soutenir cette famille est expliquée entre autre par l'égoïsme des gens.

“Évidement, toute cette histoire n’est qu’une fiction Qui j’espère invitera à la réflexion”
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Le fait de préciser que l'histoire de cette chanson est une fiction permet à Brav' de dire ce qu'il veut sans être pris pour un raciste.

Il est vrai qu'en sortant les paroles de cette chanson, hors-contexte, on pourrait croire que Brav' fait l'apologie du racisme.

“Lorsque soudain, l’un d’eux se lève, prend son élan, abrège D’un penalty dans les gencives, c’est le trou noir direct”
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Le coup de pied dans les gencives a mis dans le coma le narrateur.