J’ai pris la clef des champs pour arriver aux portes des villes, sous d’épais nuages noirs, temples des grises mines

Minuscules pupilles, une armée volubile, les fouliens revendiquent leurs humeurs versatiles

Des fantômes insensibles espérant leur oracle, des cartes à puces savantes dans un cirque d’automates

Une vérité opaque, au tison les cénacles, l’individu en duel, une bête de spectacle

Où est-ce que j’en suis moi, à regarder les années dans le rétro, refaisant le monde dans ma tête entre deux stations de métro

Trop de mes rêves ont été braqué lorsque j’avais les yeux cernés, l’incertitude de l’âge adulte m’a bien berné

On se plonge dans les études avec la peur de boire la tasse, un sentiment croissant que le chemin de la fac est une impasse

Dans cette génération désorientée je n’ai jamais trouvé ma boussole, à se faire guider par des caves on se perd dans les sous-sols

On flingue nos utopies avec des tas d’a priori, les rêves sont démolis dans les tréfonds de la bureaucratie

J’ai gratté des feuilles blanches, disserté pour mieux grandir, mais ce ne sont pas les diplômes dans mes poches qui ont éclairci mon avenir

Des récompenses sur les murs comme des trophées de chasseur, j’ai cristallisé mon futur, brocardé mes ardeurs

J’ai vu des amitiés s’évanouir, des mains qui se lâchent, une bande de potes qui se disloque sans même que l’on se fâche

J’ai trop fleuri de marbre pour en rester indemne, de longues semaines de peine qui inaugurent une morne vingtaine

L’espoir s’est fait la malle il y a déjà belle lurette, aujourd’hui je m’en vais le rejoindre en séchant mes larmes sous mes lunettes

Prendre une plume pour tuer le vers solitaire, le cliché prête à sourire, je demeure une personne entière

La truculence d’un môme, la décadence d’un homme, pour narrer l’incandescence d’une décade au microphone

Même si la nostalgie brûle trop souvent mes ailes, consume l’abysse de mes songes, calcine mon potentiel

Je m’effondre sur une barre d’espace et rêve de supernovas, quoi qu’il arrive mes aspirations ne bougeront pas d’un iota