[Intro]
- Monsieur, pour aider la classe ouvrière à triompher de l'oppression intellectuelle s'il vous plaît
- Pour aider la classe ouvrière à monter au Paradis !
[Premier couplet - Nordinomouk]
J'suis né, j'habite en France mais j'me sens apatride
Flashback de la p'tite enfance dans un appart' vide (Strasbourg)
Double couture cachée sous les plis du cœur
Insensible aux cris aux pleurs, génération le bruit l'odeur
Loin des enfants bien choyés, j'suis pas là pour t'faire larmoyеr
J'suis la voix des HLM et des salеs foyers
Un peu d'shit dans la feuille, d'la beuh mal broyée
Tout s'passera bien tant qu'y'a le liquide pour pas s'noyer
La vie c'est qu'une question d'timing, ça m'fait flipper comme Shining
J'rentre tard le soir avec les yeuzs de Bun Hay Mean
Et rien qu'c'est plus naze, on a jamais pu s'parler
J'avais beaucoup d'choses à dire, mais t'es plus là
Bref, personne avait le maillot officiel, classe prolétaire
Fabrique notre réussite avec des bouts d'ficelle
Tous ces MCs s'comparent entre eux, veulent pas partager leur part en deux
Qu'ils niquent leur parent 1 et leur parent 2
[Refrain - Bavaz]
Génération Y, les toxs avec l'héro
J'bosse avec mes khos, j'boxe avec les mots
Ca veut quitter la merde et s'barrer pour Hawaï
Des ti-peus que j'portais sur mes épaules bicravent de la white
C'est pas l'argent qu'on vénère, mais y'en a plein dans l'bocal
L'époque voudrait que j'm'énerve, mon âge voudrait que j'me calme
Tristesse et rancœur m'ont changé, c'est trop tard pour l'homme
La richesse est dans l'cœur, mon banquier c'est mon cardiologue
[Deuxième couplet - Bavaz]
Velours et broderie, fuck les 3 jours de loterie
Paris 11, vi-ser ta sœur à la sortie d'son cours de poterie
J'baisse pas l'regard, pour ça qu'j'ai gâché ma vie d'artiste
J'laisse la be-bar pousser pour cacher la cicatrice
Prends ma sique-mu comme nouvel antistress, comme une assistance
Il sont tous fanés, j'préfère quand ils s'taisent, aucune consistance
Garde un sil-fu car y'a des gens qui s'baisent avec insistance
Malgré les années ça reste hors système dans la résistance (le maquis)
Ils dorment un peu trop sur moi, j'vais les faire parler
Ils parlent un peu trop sur moi j'vais les faire dormir
L'autre il a signé pour 30 balles, il est content pour rien
Ils ont transformé notre art-martial en art contemporain
La détention pour du pollen c'est méga banal
J'connais pas la solution, j'connais l'problème c'est déjà pas mal
La flamme du briquet c'est la seule radiation l'soir
Là où l'bonheur est aussi visible que des variations d'noir
[Refrain - Bavaz]
Génération Y, les toxs avec l'héro
J'bosse avec mes khos, j'boxe avec les mots
Ca veut quitter la merde et s'barrer pour Hawaï
Des ti-peus que j'portait sur mes épaules bicravent de la white
C'est pas l'argent qu'on vénère, mais y'en a plein dans l'bocal
L'époque voudrait que j'm'énerve, mon âge voudrait que j'me calme
Tristesse et rancœur m'ont changé, c'est trop tard pour l'homme
La richesse est dans l'cœur, mon banquier c'est mon cardiologue
[Outro]
Il s'agit d'un extrait du film satirique Moi y'en a vouloir des sous réalisé par Jean Yanne et sorti en 1973.
Le film tourne en dérision les capitalistes, les syndicalistes et les “faux” militants de gauche, hypocrites car bourgeois.
L'idée de “l'oppression intellectuelle” rejoint le concept de l'outro : Franck Lepage explique que la notion de “culture” a été réduite à l'art seulement. D'autres aspects de ce qui forme la culture en ont donc été exclus dans le langage courant. Il s'agit selon lui d'une victoire intellectuelle du capitalisme, qui résume la culture à sa partie matérielle (l'art), la plus facile à marchandiser, et relègue le reste au rang d'idéologies.
Cet extrait qui clôt le projet est issu d'une conférence gesticulée de Franck Lepage.
L'extrait en question souligne l'importance de la distinction entre art et culture. En effet si la culture se limite entièrement à l'art, tout un pan de richesse militante, sociale et prolétaire de manière générale disparait. Les différents domaines cités par Lepage relèvent en effet de la culture mais pas de l'art au sens strict.
On peut supposer que Bavaz utilise ici cet extrait pour faire un parallèle avec le rap qu'il a vu évoluer au fil de sa carrière et où il souligne que de nouvelles propositions mettent en avant “l'artistique” au détriment de la culture dans laquelle elles s'inscrivent et de son histoire ainsi que son héritage.

Référence au morceau “Boxe Avec Les Mots” du légendaire duo Ärsenik, composé par les frères Lino (gauche) et Calbo (droite).
(Notez que le clip ci-dessus est un mashup entre la version originale et le remix “KO Technique”)
Ce clin d'oeil à ce morceau classique n'est pas anodin; la ligne directrice de l'EP se base sur la métaphore du rappeur en boxeur dont les punchlines font office de directs, de crochets, d'uppercuts etc, tel l'ont fait les frères congolais dans ce track devenu légendaire.