Que le ciel me tombe sur la tête

Et comme c'est regrettable

Que le ciel est sombre, c'est trop bête

Nous voilà raisonnables

Qu'un peu d'aventure se glisse dans les draps

Quand l'habitude est là

Qu'un peu de peinture réveille ici et là

Nos destins sans éclats

Que c'est morose et fadasse

Une place pour chaquе chose

Quand la masse prend la posе

Chaque chose à sa place

Cette vieille piqûre qui baisse les bras

Qui, dans le futur, s'abaisse et file droit

Faut-il rester sage quand on est de passage?

Que le ciel me tombe sur la tête

Et comme c'est regrettable

Que le ciel est sombre, c'est trop bête

Nous voilà raisonnables

Rester dans la ronde, on était d'accord

Pas changer le monde, au moins le décor

Mais nous voilà balo, comme figé sur place

A pleurer toute l'eau des fontaines Wallace

Sans égratignure, pas de démesure

Les deux pieds sur terre, sans saveur, réaliste

Tout est éphémère, que fait la police?

Que le ciel me tombe sur la tête

Et comme c'est regrettable

Que le ciel est sombre, c'est trop bête

Nous voilà raisonnables

Est-ce que nos rêves d'amour se prolongent

Quand on passe un jour le mur du songe?

Souviens-toi qu'on rêvait de se désennuyer

De se dégourdir le coeur, en se laissant se déployer

Un minimum de ciment dans nos palpitants

Un maximum de piment, et du vin dans notre Évian

Si, toutefois, le trop n'était pas encore assez

Est ce qu'on a les crocs suffisamment affûtés

Pour prétendre à l'existence et se nourrir de ces dédales?

Dis-moi, qu'est ce t'en penses, a t on encore un peu la dalle?

On voulait de nos vies des cyclones, mon ami

Des séismes, des typhons, et des tsunamis

Mais à peine commencés, c'est déjà la fin

Et puis quoi ? Et puis rien ? Et puis on verra bien !

Que le ciel me tombe sur la tête

Et comme c'est regrettable

Que le ciel est sombre, c'est trop bête

Nous voilà raisonnables

Et comme c'est regrettable

Nous voilà raisonnables