Released on November 5, 2002

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[Couplet]

De retour dans l'atmosphère, 6 ans d'absence

Toujours les mêmes cris de guerre

Toujours les mêmes valeurs, toujours les mêmes mystères

DJ Elyes opère les machines et les platines, c'est le faya dans le district

Comme Lyricist et Masar c'est du lyrics strict

Ecoute parce que de plus en plus ici-bas y a des balance comme à Hill Street

Du fond du cœur, y en aura pas pour longtemps

Si t'es visé sois sûr que tu prendras du bon temps

Ce que j'ai acquis, je le dois à qui ? Suffit de conter ma vie

Et qu'ils se mettent le feu tout ceux qui se plaisent à inventer ma vie

Self street érudit, après-midi plein de vide, étudie

T'as été à ma place ? Qu'est-ce tu dis ?

Planté dans une place vide avec mon poste la nuit

Je voyais pas ta poire quand c'était positif mais tu te ramènes quand il y a des tragédies

Bétacam au poing, tes news couvrent l'insurrection

Des perdus se voient à l'écran et c'est de suite l'érection

Tu le sais bien, le topo est clair, voilà comment ces imbéciles nous représentent

Mentalité formatée malfaisante biaisée

Frère si à ce propos je chante, laisse-moi m'exprimer

Car sur ce bout de terre nos parents et amis aussi ont trimé

A qui la faute si ce pays est si déprimé, si déchiré quand le fait divers est érigé en généralité ?

Leurs magazines d'infos font peur, à qui ça profite ?

La France a besoin de peu pour réveiller ce racisme historique

Il y a quatre ans c'était l'euphorie, "Les yeux dans les bleus" story

Depuis des journalistes ont ramené la vie sociale vers un faux rythme

Vers mensonges et audimat, car plus que les gosses d'Irak

Le français veut savoir si sa putain d'Audi marche

Entendu, par ces vendus peu scrupuleux

Tous font la une sur l'insécurité, le racket et le crapuleux

C'est vrai, les séries françaises montrent flics et parias

Si bien que ces chaines sont de vrais commissariats

Mais c'est pas le pire, ils font croire aux gens que c'est l'état de siège

Parce que Chirac a parlé sécuritaire pour garder son siège, je suis effondré

Alors ne reste que de nous une pâle caricature, style

Ils ont pété le World Trade ils peuvent niquer ta voiture

C'est ça la France ? un bled d'aigris et de mesquins

Alors on fait tous de la merde et on vote Giscard d'Estaing

Je préfère, écœuré, si je buvais je serais beurré

Comme Salif j'conterais comment tout un public fut leurré

Comment des journalistes condamnent les auditionnés

Lavent le cerveau des vieilles qui ont peur de se faire saucissonner

Attribuant des couv' à des clowns qui font rien de concret

Indulgents, subjectifs, partisans intéressés, le véridique est délaissé

Délétères, rédac' plein de chichis

Quand je vois tout ça je pense que l'info ici c'est Vichy

On a pas de bol, et voire pas de couilles moi j'en ai ras le bol

Et si encore l'a priori pouvait rester rien que sur nos albums

Douze ans de bataille et il y a encore des clichtons sur notre compte

Ici le rap pour eux, c'est le délinquant sans biffetons sur son compte

Alors on va leur donner ce qu'ils veulent :

Une caricature minable de nous avec une grande gueule


[Pont]

J'suis en galère, j'ai quinze pitbulls à la maison

J'suis un tueur quand je tape c'est un génocide

J'vis dans la rue, j'baise la police éventuellement les pompiers

C'est pas ma faute, j'parle pas bien l'français

Pour m'en sortir c'est l'foot ou l'rap

Mec, si j'ai d'la fraîche moi j'achète un roadster

Tu sais, nous dans notre cité on est des gangsters

Moi c'est le racket cousin, j'ai traîné cinq vieilles et on m'a relâché

Tranquille, On deal des kilos de shit dans le monde entier


[Outro]

Je te dis franchement je suis écœuré

Le visage que ça prend, coupé de nos bases premières, écœuré

Passif, dégun dit rien tous laissent faire, écœuré

A la merci de patrons qui gazent dans leurs buildings, écœuré

Y'a de quoi pleurer, je te dis franchement je suis écœuré

Le visage que ça prend, coupés de nos bases premières, écœuré

Passif, dégun dit rien tous laissent faire, écœuré

A la merci de patrons qui gazent dans leurs buildings, écœuré

Y'a de quoi pleurer, y'a de quoi se barrer d'ici je suis effaré

Ils en ont rien à carrer